23 mai 2013
[Live Report] Festival This Is Not A Love Song – Jour 1 : | Paloma | Nîmes | 22.05.2013
Nouveau venu dans la petite famille -qui ne fait que grandir- des festivals du sud de la France, le festival This Is Not A Love Song investit la SMAC Paloma en étroite collaboration avec l’association Come On People. A l'affiche, 4 soirées autour d’une programmation axée sur les musiques indépendantes avec à la fois des nouveaux talents, des groupes qui montent ou tout simplement des artistes confirmés.
Egyptian Hip Hop
La première soirée commence avec un groupe qui monte, Egyptian Hip Hop, dont le nom est plutôt trompeur parce qu’ils sont anglais, plus exactement de Manchester. Ils ne sont pas non plus rappeurs comme vous l’aurez remarqué sur la photo, non ici on tape plutôt dans le rock indé avec une grosse poignée de sons synthétiques et rythmiques afro-pop. Un mélange qui nous fera forcément penser à Foals.
Le début était plutôt poussif mais heureusement au bout de quelques morceaux, le tout est devenu plus dansant, psychédélique, tropical mais on n’a pas pu s’empêcher de penser que tout était presque improvisé tellement l’ensemble était anarchique. Combiné à un phrasé saccadé, on aurait presque cru qu'il cherchait ses mots. Même si ce ne fut pas véritablement un problème, il faut bien avouer que nous n'avons pas été très convaincus.
Flou Fantome
Vient le tour de Flou Fantôme dans la petite salle du Club, un duo montpelliérain que nous classerons en toute logique dans la catégorie nouveau talent. Avec leur pop raffinée, ils ont su rapidement nous convaincre à grands renforts de nappes synthétiques sublimes, d’envolées rifftiques shoegaze sur des morceaux instrumentaux. Chanté ou susurré, c'est franchement touchant, mélancolique et beau à la fois. Bref, un duo à suivre !
Connan Mockasin
Particulièrement attendu depuis son dernier passage à Marseille en 2011, Connan Mockasin se prépare. Il faut dire que la fois dernière, il nous avait enchanté. Ce néo-zélandais nous invite à une balade psychédélique de 40 minutes qu’il nous dira la plus longue de notre vie. Même s’il est difficile de rentrer dedans rapidement, le set a donné l’impression de durer 3 fois plus longtemps et pas par ennui, oh non !
Tout est étrange : la voix de Connan, plus proche d’une femme que d’un homme, s'est parée d'envolées psychédéliques proches de l’onirisme et de l’improvisation, cette fois-ci réussie.
De Megumi The Wilkyway Above, It’s Choade My Dear, Faking Jazz Together avec un finish toujours aussi extraordinaire sur Forever Dolphin Love qui dura une bonne dizaine de minute au rythme changeant, l'envoutement a (encore une fois) opéré.
Savages
On ne traîne pas, le groupe de londoniennes Savages a déjà commencé dans le Club. Avec un honnête premier album qui n’invente rien mais qui fait très bien le boulot, les influences post-punk garage teinté de Siouxie and the Banshees et de Joy Division ont rendu le tout bien râpeux et acide comme il faut. C’est froid, c’est punk, c’est efficace, la chanteuse habillée et coiffée à la garçonne fait forte sensation en plus d’être très expressive.
Et quoi de mieux pour finir que Husbands, le tube incontestable joué à toute berzingue, s'est avéré tendu du début à la fin.
The Death Grips
Après s’être bien chauffé dans le Club plein à craquer, c’est l’heure de mourir avec Death Grips (les poignées de la mort en françois). Une claque sonore chargée de beats industriels massifs chauffés à blanc par la rage sortant de la bouche de Stefan Burnett qui n’est vraiment pas là pour rigoler et débite à un rythme hallucinant.
Le show visuel épileptique ne fera qu’accentuer l’urgence de cette musique qui fera headbanger les premiers rangs avec entrain. Nous, on a adoré, mais on ne pourra que noter la relative répétitivité au bout de 30 minutes. Forcément après plusieurs torgnoles, on finit par s'habituer à la douleur !
Animal Collective
Minuit approche, l’heure de la tête d’affiche arrive, Animal Collective n’est plus très loin une fois la scène décorée de tentacules colorées sortant du sol. Entre pop, folk, psychédélisme et un gros bordel sonore expérimental, Animal Collective est un groupe qui malgré tout divise. Et dans le public ça se voyait, on avait les sceptiques-curieux et les conquis … bref, rares sont les groupes qui laissent indifférents, et AC est à loger à cette enseigne. Force est de reconnaître que les visuels étaient réussis avec ce décor et les projections qui les complétaient, c’était magnifique.
Cette première soirée a donc réservé son lot de surprises, comme on s'y attendait. Nul doute que les trois prochaines soirées s'annoncent tout aussi agitées. Bien entendu, nous y serons.
Crédits photos : Cédric Oberlin (KristHelheim)
Article rédigé par KristHeleheim.
22 mai 2013
[Chronique] "Looking Like This" Lyre le Temps (2013) -EP-
Après plusieurs mois de silence, Lyre le Temps bouge à nouveau. Il s'en est écoulé du temps entre "Lady Swing" (2010), premier LP du groupe, et les prémices du nouveau. En attendant l'automne prochain et "Outside The Box", Lyre le Temps vient de dévoiler son nouvel EP, "Looking Like This", sorti le 22 avril dernier.
Le trio strasbourgeois se ferait presque désirer. Révélé sur le tard et surtout grâce à la scène (plus de 200 dates de concerts), "Lady Swing" a fait office de déclic pour un groupe qui a choisi la mixité des genres pour creuser son trou. Baigné dans les influences jazzy, hip hop et électroniques, Lyre le Temps surfe pleinement sur cette vague jazz qui est vraiment revenue à la mode ces dernières années (Caravan Palace et Deluxe en têtes de liste).
Souvenez-vous en 2009, le groupe créait le buzz avec son hit About The Trauma Drum en laissant en suspense son auditoire : allons-nous avoir une nouvelle sauce arrangée qui swingue ? Tout faux. "Lady Swing" grouillait d'influences en tous genres : sous un fond jazz, des morceaux résolument rock faisaient des crochets par la funk, des brûlots hip hop succédaient des cocktails plus électroniques. Lyre le Temps nous a fait danser. Ô que oui ils nous ont fait vaciller avec leur machine diabolique en live ! Sans jamais choisir la facilité de l'intensité, Lyre le Temps a su se montrer patient. Des escapades à l'étranger au titre de groupe découverte du Printemps de Bourges en 2009, le groupe a d'ailleurs été une nouvelle fois convié cette année. Un signe qui ne trompe pas...
Couplé à la sortie du nouvel EP "Looking Like This", le décollage de Lyre le Temps se fait plein gaz. Le titre éponyme annonce déjà la couleur : une véritable bombe lancée par un combo piano/violoncelle qui explose sans crier gare ! D'une base jazzy, les beats hip hop s'entrechoquent avec une session de turntablism qui fait des ravages... Survitaminé et bourré de bonnes vibrations, Lyre le Temps part dans une course poursuite effrénée qu'il risque bien d'emporter. L'envolée plus électrique sur Going On dévoile toutes les influences US que Lyre le Temps travaille depuis plusieurs années... Avec une instru entêtante qui flirte par moment vers des penchants ragga, le groupe démontre qu'il a encore de nombreuses cordes à son arc, même sur des compos plus calmes.
Fortes de 3 DJ's capables de s'emparer des platines dans une fin de soirée endiablée, les versions remixées de Looking Like This par Rhum One, Ry'm et Broadrush sous des cieux electro et dubstep traduisent aussi une certaine envie de liberté des membres du crew lorsque l'occasion se présente.
Après nous avoir mis l'eau à la bouche, Lyre le Temps nous a dévoilé une nouvelle facette plus enragée qu'auparavant. Toujours soucieux de mélanger les styles et les influences, Lyre le Temps décroche encore le coeur de cible... Cependant deux titres pour trois remixes, c'est encore un peu tôt pour se faire une véritable idée de ce que nous aurons dans notre lecteur à l'automne. Alors on patiente.
Teaser live 2013 avec extrait "Looking Like This" :
FICHE TECHNIQUE
Tracklist :
1. Looking like this
2. Looking like this (Rhum One remix)
3. Looking like this (Ry'm remix)
4. Looking like this (Broadrush remix)
5. Going on
Sortie : 22 Avril 2013
Durée : 20 minutes
Genres : Punk / Jazz-manouche / Electro
Discographie : 2e
"LOOKING LIKE THIS", Lyre le Temps (2013) : 6.5/10
21 mai 2013
[Chronique] "Artémis" Moussu T e lei Jovents (2013)
Le Musicodrome a trop peu parlé de Moussu T e lei Jovents, un des side-project du Massilia Sound System en activité depuis 2005. Avec près de quatre albums studios suivi d'un best of en l'espace entre 2005 et 2010, les marseillais repartent pied au plancher. Depuis 1 mois déjà, "Artemis" fait des siennes... et Moussu T l'évoque avec toujours autant de franchise et sincérité. Retour sur cet "Artémis", cinquième album de Moussu T e lei Jovents sorti le 22 avril dernier.
Si Oai Star fait des ravages auprès de tous les fans du Massilia Sound System, Moussu T a su, lui aussi, creuser son trou auprès d'un public encore plus large et peut-être un peu plus mûr avec un équipage métissé entre Marseille, La Ciotat et le Brésil. Entre les sonorités des Caraïbes et une base rythmique lancée par le banjo, Moussu T excelle dans sa manière pour chanter la cité phocéenne, en occitan, en préservant ce décor des années 1920 et 1930 qui lui va si bien.
Le choix d'Artémis n'est pas anodin : sur RFI Musiques, Moussu T la dédie "à la déesse insoumise et fière, emportée par les Phocéens pour les accompagner dans leur périple fondateur". Au sens large, cet "Artémis" est un hommage à la femme. Mais au-delà du porte-drapeau occitan que l'on a tous en tête, Moussu T se durcit. Là où, musicalement, le charme avait opéré sur les deux premiers albums ("Mademoiselle Marseille", 2005 et "Forever Polida", 2006), "Home Sweet Home" (2008) laissait entrevoir un style en manque de fraîcheur, déjà entendu précédemment. Ligne rythmique inchangée et manque de renouvellement, "Putan de Cançon" (2010) a commencé à casser cette griffe si particulière au quelle l'oreille s'était habituée : plus électrique, il marquait son auditoire par certaines libertés. Et sur "Artémis", Moussu T a encore progressé. Dans la lignée que le précédent, Moussu T s'affirme et hausse le ton : les influences blues sont suintantes (Embarcatz!, Mistral, Occitanie sur mer...) mais nous retrouvons également d'autres tendances plus pop (Monte vas cançoneta ?) ou d'Amérique Latine (Mon Bateau). Cette pâte acoustique nettement mise en avant, on en garde pas moins ces saveurs salées qui nous rappellent sa Méditerranée.
Le melting pop culturel et musical tel que nous le connaissions est encore plus coloré. Entre poésie et revendications (Mon Drapeau Rouge), l'album est teinté de sonorités rock jusque là plus en retrait. Identitaire et contestataire, "Artémis" agite l'étendard marseillais d'une musique qui en est résolument le reflet. Enregistré à la montagne, l'album respire pourtant le bord de mer, la légèreté et la sérénité. Trentre ans de carrière (et ce n'est pas terminé) au sein du collectif Massilia Souns System laisse des traces. Producteur d'une mémoire vive sur les chantiers navals et toujours aussi concerné par les conflits sociaux, Moussu T e lei Jovents est plus mâture que jamais. Sans s'affoler, Tatou voyage : il s'est enrichi de nouveaux instruments (Daniel Loddo à la guimbarde, Stéphane Murmann à la basse) et peut toujours compter sur ses fidèles compagnons de route (Blù au banjo, Jamilson, Denis et Deli K aux percussions).
Ecoutez, l'embarcation est immédiate.
Clip "Embarcatz!" :
FICHE TECHNIQUE
Tracklist :
1. Embarcatz
2. Mistral
3. Artemis
4. Tout mon temps
5. Occitanie sur mer
6. Sur ma serviette
7. Tentacules
8. Lei rainards
9. Le bateau
10. Te'n vas de matin
11. Mon drapeau rouge
12. Fada republicana
13. Monte vas conçoneta
Sortie : 22 avril 2013
Durée : 43 minutes
Discographie : 5e
Label : Le Chant du Monde
Genres : Blues
"ARTEMIS", Moussu T e lei Jovents (2013) : 8/10
20 mai 2013
[Clip] "Shooters" Les Cowboys Fringants
Quand les Cowboys Fringants avaient annoncé en avril dernier partir en pause jusqu'à l'hiver 2013, nous pensions tout bêtement jusqu'à décembre 2013. Que nenni ! Les voilà repartis sur les routes du Québec depuis déjà plus de 3 mois et ils reviennent même en Europe ce mois-ci !
Il va y avoir des chanceux, c'est sûr : les habitants de Grenoble (21 mai), de Genève (22 mai), de Paris (24 mai) et enfin de Nantes (25 mai) pourront profiter des rares concerts des québécois en Europe programmés jusqu'à présent. Puisqu'on y est, autant partager les dates françaises de l'été prochain, peut-être serez-vous pas loin : Saint Denis de Gastines (5 juillet), Monampteuil (6 juillet), Albi (7 juillet), Soustons (11 juillet), Neuve-Église (14 juillet).
Tout ça pour dire que nous voulions surtout partager le dernier clip en date des Cowboys Fringants sorti durant les mois les plus froids de l'hiver dernier, l'excellent Shooters, en hommage et soutien aux travailleurs de Lassomption qui ont vu leur shop fermer et se retrouver sur le carreau... Toujours avec les bons mots, toujours avec les bonnes mélodies, c'est du Cowboys Fringants dans le texte. Si vous ne connaissez pas, ce morceau est un incontournable du dernier opus "Que du Vent" (2011). Ô sacrilège, nous ne l'avons d'ailleurs jamais chroniqué alors que les trois précédents albums l'étaient sur Le Musicodrome. Promis, il y aura une session de rattrapage obligatoire à la fin du printemps !
19 mai 2013
[Magazine Discordance] Du lundi 13 au dimanche 19 mai sur Discordance.fr
DANS LA RUBRIQUE MUSIQUE
Chronique Cd
- Deluxe "Deluxe" (2013)
*Par Aïollywood*
Live Report
- Splendide retour pour Arman Méliès | La Maroquinerie | Paris (13.05.2013)
- Yeah Yeah Yeahs | Olympia | Paris (08.05.2013)
- La Caravane Passe au Portail Coucou | Salon de Provence (08.05.2013)
*Par Aïollywood*
C'est sur Discordance.fr !
16 mai 2013
[Mp3 de la Semaine] "Get On In" Dirty Honkers
La Sélection du Musicodrome :
Dirty Honkers, vous vous souvenez ? Nous vous en avions parlé en juin 2012 pour vous présenter leur EP explosif, "Just a Taste", juste après leur performance remarquée au Garorock ! Ils étaient déjà à créditer d'un excellent album sorti en 2011, les voici à présent de retour avec un LP toujours coloré, "Superskrunk". Les allemands ont su conserver leur déjantée touch pour revenir dans une forme toujours aussi épique ! Vous n'avez qu'à juger par vous même si vous êtes toujours sceptiques, écoutez ce petit extrait ultra vitaminé et terriblement jumpant, Get On In.
Groupe : Dirty Honkers
Morceau : Get on in
Album : Superskrunk
Sortie : Avril 2013
Genre : Jazz / Electro
Actif : Oui
LE MORCEAU EN LIBRE ECOUTE
15 mai 2013
[Chronique] "Daniel", nouveau compagnon de Deluxe (2013) -EP-
Fin 2011, les aixois de Deluxe créaient le buzz en sortant le détonant « Polishing Penuts » sous le label Chinese Man Records. Un peu plus d’un an après, leur côte de popularité n’a cessé de croître et une véritable attente s’est développée autour de la sortie de son successeur. Annoncé dans un premier temps en 2012, le second EP de Deluxe vient enfin de pointer sa moustache : « Daniel » est parmi nous, et ce depuis lundi.
Deluxe, c’est une drôle d’histoire. Il y a ceux qui râlaient de voir encore un groupe surfant sur la vague electro/jazzy (terriblement à la mode depuis quelques années il faut le reconnaître), et ceux qui y croyaient vraiment. D’abord suivi par le label marseillais Chinese Man Records puis lancé dans le grand bain des premières parties des shows endiablés de Chinese Man, Deluxe, toujours sans le moindre LP, se débrouille désormais tout seul. Leur présence aux Solidays ou autre Dour cet été ne fait que confirmer la maturité grandissante qu'est en train d’acquérir le groupe au fil de ces derniers mois.
Forcément, l’arrivée de leur second EP « Daniel » nous pousse à jeter, à nouveau, une oreille attentive à leurs performances. A noter que « Daniel » est le maxi extrait de leur tout premier album qui doit paraître en septembre 2013. En aucun cas les morceaux de « Polishing Peanuts » ne paraîtront parmi la setlist du futur opus ! Les aficionados de l’incontournable Superman devront s’en contenter…
Inutile de cacher qu’il y a un peu d’excitation au moment de presser le bouton play du lecteur de la fameuse première écoute. Un frisson parcourt l’échine, même si une première déception vient frapper l’auditoire : seulement 4 morceaux sont présents sur le maxi, dont un remix réalisé par Chinese Man. Un peu court pour 1 an et demi d’attente ! Cette sensation à part, les bonnes vibrations sont vites retrouvées : ça swingue à s’en rompre les genoux sur l’excellent track d’ouverture, Daniel, embarqué par un synthé à la sauce western qui donne le ton au MC Youthstar que nous avons déjà aperçu aux côtés de l’homme chinois. Un track qui connote parfaitement avec l’état d’esprit festif de Deluxe, mixant astucieusement jazz, electro et hip hop en mode sur-vitaminés.
Mais de là à croire que Deluxe tomberait dans la facilité de l’explosivité, c’est se faire de fausses idées. Bleed On, un cran d’intensité en moins, est nettement plus jazzy mais n’en conserve pas moins des attraits groovy. Cela serait presque trop facile pour Lilliboy qui, au chant, régale toujours autant dans ses vocalises. Avec encore plus de légèreté, aux frontières du trip hop, Pretty Flaws risque à la fois de surprendre et de faire succomber les amateurs de Deluxe. La mélodie est contenue, exit les cuivres, place à une instru teintée de soupçons de basse, de batterie effleurée, d’un synthé léché et d’un violoncelle intimiste. Sincèrement planant et franchement touchant, Pretty Flaws renferme un joyau musical jusque là bien caché dans l’univers d’un groupe qui est loin d’avoir dévoilé toutes ses facettes.
Ce qui est incontestable, c’est que ce « Daniel » surprend. Dès les premières notes, on retrouve bien cette marque de fabrique jazzy de Deluxe et pourtant, à la fin du maxi, on sent bien que le groupe a de la réserve. Comme une envie d’explorer différentes sonorités, d’éviter la facilité. Pire, on sent déjà une certaine forme de maturité s’installer. Alors, vent de fraîcheur en septembre prochain ? A voir.
En tout cas, la moustache de « Daniel » est bien taillée et ça lui donne un côté délicieusement raffinée.
Extrait "Pretty flaws" :
FICHE TECHNIQUE
Tracklist :
1. Daniel (feat. Youthstar)
2. Bleed on
3. Pretty flaws
4. Pretty flaws (remixe by Chinese Man)
Sortie : 13 mai 2013
Durée : 15 minutes
Discographie : 2e EP
Label : Chinese Man Records
Genres : Jazz / Electro
"DANIEL", Deluxe (2013) : 8/10
13 mai 2013
[Chronique] "Art of K." Elektric Geïsha (2013) -EP-
Petite escapade sonore au beau milieu du printemps pour accorder quelques instants à un groupe aussi déjanté que dérangé : Elektric Geïsha. Un nom aguicheur pour un univers détonant, c'est un peu comme si Elektric Geïsha considérait que la musique moderne repose sur trois fondamentaux : le rock'n'roll, les restaurants à sushis et la pornographie. En secouant tout ça, vous obtenez leur premier EP, "Art of K.".
Certains choisissent d'écouter des skeuds en fonction de la pochette, d'autres par leur nom... Alors là, coup double : Elektric Geïsha propose un cocktail 4 titres qui ne demande qu'à être allumé dans une foule en plein délire. Une écoute suffit, une seule, comme si un raz de marée sonore venait vous happer sans crier gare.
Une explosion, une détonation, de quoi se retourner en sursaut et tenter de comprendre ce qu'il se passe : un savant mélange de guitares suintantes, là où le punk se serait brutalement marié avec un jazz-manouche qui ferait froid dans le dos (Dark Bonzaï). Arrosé de samples de films d'horreur et de répliques jap', on leur donnerait (presque) le diable sans concession. Course poursuite sur les murailles, Les Tigres du Futur en plus asiatiques, les influences orientales se mettent à forniquer avec les oranges de Californie.
Il ne faut avoir aucun scrupule : la musique traditionnelle comme vous ne l'avez encore jamais entendue, Gang Bang Katana appelle à se dessaper, à venir se frotter dans une masse en sueur qui ne demanderait qu'à jouir au rythme des basses ravageuses, des coups de griffes non maîtrisés et d'une electro punk qui tend presque par moment vers le dubstep. Viens, viens beugler sur des riffs haletants qui n'appellent que la domination de l'homme sur la machine !
Ce n'est pas The Red Samouraï qui contredira ces pensées perverses : sur une manouche touch, rien ne sert de courir, c'est la boite à rythme qui martèle, Rodrigo y Gabriela puissance 1000 prennent des cours de japonais... Pourtant, sur fond de Radioactive Sashimi, plus le droit de penser : le monde s'écroule, ce ne sont pas les coups de sabre insolents qui laissent planer le doute, mais bien l'expression de cette dégénérescence sonore dans toute sa splendeur.
Clip "Dark bonzaï" :
FICHE TECHNIQUE
Tracklist :
1. Dark bonzaï
2. Gang bang katana
3. The red samouraï
4. Radioactive sashimi
Sortie : 21 Février 2013
Durée : 14 minutes
Genres : Punk / Jazz-manouche / Electro
Discographie : 1er EP
"ART OF K.", Elektric Geïsha (2013) : 7/10
12 mai 2013
[Magazine Discordance] Du lundi 6 au dimanche 12 mai sur Discordance.fr
DANS LA RUBRIQUE MUSIQUE
Chronique Cd
- Elephant "Collective Mon Amour" (2013)
- Hanni El Khatib "Head in the Dirt" (2013)
Live Report
- Les Guerilla Poubelle s'amusent à la Secret Place | Montpellier (04.05.2013)
*Par Aïollywood*
DANS LA RUBRIQUE ART ET SCENES
Théâtre
- Prise d'otage et quiproquos au Théâtre du Temple | Paris
C'est sur Discordance.fr !
10 mai 2013
[Live Report] La Caravane Passe au Portail Coucou | Salon de Provence (08.05.2013)
La route des vacances réserve parfois des surprises : une affiche au détour d'un carrefour, une soirée pas encore décidée et un nouveau concert à l'horizon. Que demander de mieux ! Même si nous savions à quelle sauce nous allions être mangés, La Caravane Passe est devenue, au fil des concerts, une valeur sûre pour passer un moment de fête, de balkan music et d'humour en tous genres. Faisant une halte dans les Bouches du Rhône du côté de Salon de Provence, ce fut aussi l'occasion de découvrir un lieu qui attisait depuis quelques temps notre curiosité : le Portail Coucou. Laissez-nous vous présenter cette structure... et ce concert.
Le nom est atypique : "Portail Coucou". En feuilletant les agendas du secteur géographique au fil des mois, nous étions déjà tombés sur cette structure où nous n'avions encore jamais mis les pieds. Salon de Provence reste une petite ville du nord des Bouches du Rhône (43 000 habitants) et l'occasion de s'y rendre ne s'était encore jamais manifestée. Après quelques recherches et échanges, il s'avère que le Portail Coucou est une structure associative gérée par l'O.J.L. (Oeuvre de la Jeunesse Laïque) de la commune, créée en 1996. Sa programmation est variée, allant du simple concert à des représentations théâtrales et événementielles, d'expositions à des lieux de rencontres, ou tout simplement d'encadrement professionnel avec leurs studios de répétition. Mieux, le Portail Coucou est titulaire du label S.M.A.C. (Scène de Musiques ACtuelles).
En ce mercredi 8 mai, en passant les portes du Portail Coucou, on croyait sur le coup rentrer dans une ancienne école reconfigurée. Pourtant, le café-musique du Portail Coucou renferme tout ce qu'il y a de plus accueillant et dépaysant lorsque nous allons dans ce type de tanière. Le cadre est franchement réussi sous ces allures rock'n'roll ; les tables et banquettes sont disposées autour d'une première scène qui permet au petit groupe de lancer la soirée. Ce soir, c'est DJ Grounchoo qui s'est chargé de proposer un set festif et explosif, mixant musiques balkanes, rock, electro, hip hop et jazz pour rester dans le thème.
Le bar est à proximité, les prix sont vraiment corrects et les spectateurs commencent à se trémousser doucement. Nous pouvons aussi profiter d'une partie de concert de l'étage qui surplombe cette salle annexe qui devient, autour d'un verre, le lieu de vie, d'échange et de discussion principal. Entre temps, les couloirs permettent de découvrir une exposition temporaire de Laberry qui, à travers une série d'oeuvres assez torturées et dénonciatrices, fleurit les allées. Une fois ce beau monde prêt pour aller danser, La Caravane Passe retentit dans la grande salle du Portail Coucou et rameute les foules.
Il y a les connaisseurs, aux premiers rangs, puis ceux qui sont venus pour découvrir ces drôles de gypsys qui arrivent, comme d'habitude, sous des accoutrements délirants. S'il est clair que, pour avoir vu La Caravane Passe à plusieurs reprises, on est très de loin de la folie générale des Passagers du Zinc d'Avignon le soir de la fin du monde, la mayonnaise a bien pris du côté de Salon. Pas de pogos au programme ni même d'euphorie incommensurable, mais les sourires ont été sur toutes les têtes, vraiment !
L'intro est authentique, toujours aussi révélatrice du monde frappé des habitants de Plechti, et elle débute sur Cybermarkovic. Synthé, cuivres, mise en place du contexte, le puzzle prend rapidement forme. Entre les sonorités gitanes et un appel à la rumba, les choses ne tardent pas à se décanter : "tout un passé remplit de personnalité, il ne faut pas raser la virilité !", les hommes aux moustaches prennent les commandes du Coucou ! Gypsy un jour, gypsy toujours ! En acoustique, Gypsy For One Day garde toute sa fraîcheur à coup d'un triangle entrainant (banjo, guitare, trombone) et rallie le public à sa cause. D'autant plus qu'un énorme combo déboule : dans le même registre, l'improbable et déjanté Salade, Tomate, Oignon ("qu'est ce que tu mets dans ton kebab ?") voit s'enchaîner un autre hit incontournable, le western incontrôlé de Zinzin Moretto.
Si l'humour est en première ligne des paroles de la Caravane, le message est toujours porteur, avec malice : "tu cherchais une terre d'accueil ? Et partout on t'appelle l'étranger ? Je comprends ton fardeau, je portais le même, mais j'ai changé de peau. J'ai pris la Caravane, je suis devenu un Zinzin Moretto !". Le clan poursuit sa course, "si toutes les routes mènent à Rome", la Caravane Passe ne veut pas finir comme un Rom à Babylon et réussit à faire jumper le Portail Coucou... La température à point, les échanges avec le public se multiplient : rien de vaut un petit cours d'air guitare pour se répèter que T'as la Touche Manouche ou se lancer dans de grandes farondoles sur Balkanski Bal !
Avec un show par moment porté sous la ceinture, on ne peut que se délecter d'un Strip Tease Burlesque bien en cher qui est subitement rappé, "hip hop aux dames", la Caravane Passe prend pourtant conscience que très bientôt, les femmes seront au pouvoir, de quoi enchaîner admirablement bien avec Like a Sextoy en mode electro/balkanique ! En poussant le vice un peu plus loin, séquence découverte avec un nouveau morceau, I'm a Witch, noir, aux synthés, où les deux chanteurs commencent à se gesticuler langoureusement... Des coïncidences étranges qui ne sont pas sans rappeler un certan I'm a Bitch de Discobitch qui s'enchaîne étonnement avec l'excellent I Wanna Be Your Slave (clin d'oeil à Britney avec I'm a Slave for You ?).
Un final de feu synonyme de rappel, les balkans des temps modernes ne tarderont pas à revenir : il était attendu, il a bien sûr été interprété ! Shouf la Chapka, entre ruskoff/hip hop attitude et une parodie de Voilà l'été des Négresses Vertes n'a fait qu'une bouchée du public avant qu'un immense Bulibasha n'embrase une dernière fois le Portail Coucou ! Après avoir gueulé une énième fois le refrain et gardé cette mélodie en tête, une petite parade en mode fanfare dans les travées pour se quitter dans les meilleures conditions possibles, la Caravane Passe a encore décroché le coeur de la cible. Comme à chaque fois nous direz-vous.
LE CONCERT DANS LE DETAIL
Salon de Provence, le mercredi 8 mai 2013
Groupes : La Caravane Passe + DJ Grounchoo
Lieu : Portail Coucou
Durée : 21h-00h30
Crédits photos : Cédric Oberlin (Le Musicodrome)
Photos du concert de La Caravane Passe aux Passagers du Zinc à Avignon le 21 décembre 2012
















































































































