16 mai 2012
[Interview] François des Fils de Teuhpu explique le projet commun avec les Hurlements d'Léo
Rencontre avec François Martin des Fils de Teuhpu (trombone/basse) qui nous présente le tout nouveau projet des Hurlements d'Léo et des Fils de Teuhpu. Des origines du collectif des Touffes Krétiennes aux différentes orientations du groupe, la grande famille alter' française est encore pleine de ressources.
Salut François. Les Hurlements d’Léo et les Fils de Teuhpu qui se lancent dans un projet commun, c’est presque une évidence ?
Ça fait longtemps que l’on se connaît, on est des vieux potes. On s’est croisés il y a 10 ans de ça à Paris dans un festival : on a joué avec eux, on s’est super bien entendus. On est un peu tous issus de la même famille entre les Ogres, les Hurlements, etc. C’est une petite famille de groupes qui a eu la chance de tourner ensemble, voilà le premier point très important.
Ensuite, avec le trompettiste des Hurlements d’Léo, Pépito, le batteur des Teuhpu et moi, on a décidé de monter un collectif qui s’appelle les Touffes Krétiennes.
Je comptais t’en parler un peu plus tard à propos de la « grande famille »…
Voilà. Les Touffes c’est une famille et même beaucoup plus qu’un projet artistique. Attention, tous les membres des Hurlements ou des Fils de Teuhpu n'appartiennent pas forcément au collectif mais uniquement ceux qui le souhaitent. D'ailleurs, le collectif était agrémenté aussi d’autres mecs des Pellos… Mais ce collectif a surtout permis à divers projets de voir le jour comme « Un Air Deux Familles » entre les Hurlements et les Ogres, « 1 Air 2 Beaufs » entre les Amis d’Ta Femme et nous par exemple. Enfin bref plein de petits trucs.
A quand remonte cette idée de faire un projet commun avec les Hurlements d’Léo ?
Depuis quelques temps déjà. 6 ans, 3 ans, 2 ans… l’idée nous a traversé l’esprit plusieurs fois. Les Hurlements arrivent en fin de tournée de « Bordel de Luxe », nous le notre commence à dater un peu (« Camping Sauvage », 2009), donc on s’est dit que c’était le bon moment. On avait fait un premier test dans une salle de Bordeaux, donc chez les Hurlements, avec cette idée de partager la scène. Nous avions une setlist d'une douzaine de morceaux et ça c’était vraiment bien passé. Après le second test c’était le 5 mai dernier à Paris au New Morning. Pour notre première (vraie) date sous le signe du projet commun, ce sera le 14 août à Luxey (festival Musicalarue). Et si ça tient la route, la machine sera lancée !
Quel a été l’accueil du public parisien le 5 mai ? Ca s’est bien passé ? C’était, presque, la première grande sortie…
Super ! Les gens ont adoré ! On a fait un set Teuhpu puis un set Hurlements avant de faire notre set commun… Ca a envoyé ! Que de bons retours. C’est vraiment encourageant.
Cette date parisienne était une date charnière ? Soit ça passait, soit ça cassait ?
Ouais mais disons que l’on préfère aller de l’avant. Les retours motivent, encouragent…
Concrètement, le projet commun va consister à quoi ? Par exemple, le répertoire sera revisité ou, à terme, il s’agit de créer de nouveaux morceaux ?
Le gros problème que nous avons, c’est le facteur temps. On est très pris, eux habitent à Bordeaux, nous à Paris. Donc on a revisité notre répertoire pour l’adapter à cette nouvelle configuration sur scène, de 14 personnes. Au niveau des nouveaux morceaux, on a d’ores et déjà choisi de jouer Requiem pour un con de Serge Gainsbourg. Après on est encore dans une période de rodage : on est en train de calculer réellement comment nous allons nous organiser. Pour l’instant, on est partis sur l’idée de proposer au minimum 3 morceaux du répertoire de chaque groupe, donc revisités par les uns et les autres, le fameux Requiem pour un con et d’autres morceaux, puis on va essayer de faire 1 ou 2 compos inédites. Mais là encore, ce sera en fonction du temps.
Musicalement, cela va être un gros mélange festif rock, ska déjantés ?
Un peu de tout. Il est clair que l’on veut garder cette énergie sur scène à coups de rock, ska, punk, mais pas seulement ! Là on s’est penchés sur des morceaux qui pourraient être plus salsa, plus afro, des choses que l’on n’a pas forcément l’habitude d’entendre à travers ces groupes. Dans le collectif, on a quand même eu la chance d’avoir pu toucher à tout (rock, funk, punk, jazz, etc), donc ça aide. Il faut montrer aux jeunes tout ce que l’on est capable de faire.
D’ailleurs, vous comptez nommer votre projet commun ?
(Rires). C’est la grande question du moment ! On y réfléchit mais nous ne sommes pas encore d’accords !
La tournée, elle, va débuter quand ?
La première date est à Luxey, le 14 août, ensuite il est évident qu’il faut d’abord lancer la machine pour voir si ça prend. Dans ce cas, on calera des dates pour la seconde moitié de 2012 ainsi que durant 2013.
Le projet commun ne signifie pas que les activités des deux groupes concernés s’arrêtent ?
Non. Il est clair que vu la conjoncture actuelle, il est appréciable d’avoir plusieurs cordes à son arc. On va tourner avec le collectif mais aussi de notre côté. On a bossé sur une nouvelle tournée qui démarre dès cet été, avec un nouveau spectacle pour l’occasion…
… une nouvelle tournée sur « Camping Sauvage » ?
On fête en réalité nos 16 ans cette année. On a choisi de baptiser notre nouveau spectacle Teuhpuberté, c'est-à-dire la fin de la puberté. On va revisiter notre répertoire, repartir de nos débuts plus acoustiques pour suivre notre évolution, plus électrique et intense. Pour information, la première date de Teuhpuberté sera à Vitry dans le cadre festival sur les pointes le 26 mai. Pareil, on va chercher à tester ça sur scène pour voir ce que ça va donner. On va faire gagner une mobylette, il y aura une tombola, enfin bref, plein de petites choses. On a envie de retrouver la complicité et la proximité que nous avions avec le public à nos débuts.
Il y aura un album anniversaire pour marquer Teuhpuberté ?
Non. Les morceaux existent déjà, dans leur version originale, je ne vois pas l’intérêt de les refaire.
Et avec les Hurlements ?
Oui. Je vais dire que ça fait parti du projet.
Tu disais qu’il était important d’avoir plusieurs cordes à son arc, penses-tu que face à la baisse d’affluence dans les salles de concerts pour prendre cet exemple, c’est devenu vital pour les artistes de se diversifier ?
Oui, c’est indéniable. Avec les Teuhpu, on veut varier le côté artistique. Depuis 2-3 ans, on s’est lancés dans les ciné-concerts. Là, avec Teuhpuberté, on veut viser des petites scènes et des cabarets pour retrouver un peu d’intimité. En parallèle, nous avons toujours notre dernier album, « Camping Sauvage », qui a désormais une machine bien huilée, sans compter maintenant la tournée avec les Hurlements d’Léo.
Après, on fait presque partis du décor. Avec les Hurlements, nous sommes de vieux groupes. Que ce soit en concert ou ailleurs, les jeunes ont besoin de découvrir autre chose. Il est certain qu’avec plus de 15 ans d’existence, il faut proposer des choses un peu nouvelles…
A propos du ciné-concert, vous en faites un ce jeudi au Bleymard en Lozère (48) au festi’val d’Olt, de quoi est-il constitué ?
C’est une des choses qui nous a particulièrement fait plaisir ces derniers temps. Nous avons choisi comme artiste Buster Keaton, un grand comique avec Charlie Chaplin que moi j’adore. Après avoir regardé toute sa filmographie, on a sélectionné One Week et Sherlock Junion. A partir de là, on a revisité toute la musique de A à Z.
Une fois la décision prise de la jouer en live, on s’est mis à jouer devant l’écran qui est au dessus de nous. C’est assez curieux comme spectacle puisque, du coup, on a mis des chaises, on s’est bien habillés, on ne parle pas, la concentration est de mise ! Il y a eu un gros travail d’écriture, quasiment 2 ans de travail là-dessus, il n’y a pas d’impro ou de gros n’importe quoi ! (Rires).
Un show bien accueilli malgré cette rupture ?
Lorsqu’on nous a dit que c’était vraiment excellent, on a décidé de ne plus lâcher ce spectacle. Ce que je retiendrais dans ce ciné-concert, c’est que la musique a notre pâte, 16 ans de Teuhpu ça laisse des traces, et c’est une réelle confrontation entre deux univers : celui des Teuhpu et celui de Keaton, à la fois ludique et joyeux. Complètement différent d’un concert des Fils de Teuhpu traditionnel, et d’ailleurs, je joue plus de 30 instruments différents sur ce concert. Confronter tant de choses sur un film, je trouve ça vraiment beau. Et je ne cherche pas à te le vendre !
Propos recueillis par Lapierre Dimitri (Aïollywood), le lundi 14 mai 2012.
03 décembre 2010
Rencontre avec Gari Greu de Massilia Sound System & Oai Star (partie 3/3)
Dans les studios de la Friche de la Belle de Mai à Marseille, rencontre avec Gari Greu, membre actif du Massilia Sound System et du Oai Star depuis maintenant 20 ans.
Après une première partie de l’interview plus personnelle, Gari nous dresse un bilan sur l'actualité des différents projets du collectif Massilia.
On a fini le deuxième volet. Le troisième, plus orienté vers la ville, Marseille. Mais aussi sur les pratiques culturelles en 2010.
Dans tous les albums de Massilia et de Oai Star, tu chantes Marseille tel que tu le vois aujourd’hui, qu’Est-ce qui ne va pas à Marseille ?
Gari : Ah mais attends je vais te mettre carré direct. Massilia pour moi, je chante Massilia, pas Marseille. Massilia c’est mon Marseille rêvée, quand je ferme les yeux. Y’a pas de déterminisme géographique. Marseille c’est autant la mer que Dunkerque, que n’importe quoi. Aznavour disait qu’on était plus heureux au soleil. Non. Donc Marseille c’est comme toutes les villes de France : des citoyens de seconde zone, des centres villes musées, des jeunes pris pour des cons, des quartiers populaires détruits ou mis à l’écart de tout, une gestion fait par des mecs qui sont sur un pied d’estal… c’est pareil de partout.
Une ville à deux vitesses… puis Marseille y’a des frontières. Rien que sur la Canebière, entre le haut et le bas… Donc qu’est ce qui ne va pas ? C’est la vie qu’on veut nous faire mener, c’est le concept de vie en ville qu’on a. On va au centre commercial en périphérie, et maintenant y’a la salle de concert. Il reste quelques salles de concerts en centre-ville mais ce sont des vieilles ! On fout l’hôtel à côté… Tu vas faire tes courses là-bas le samedi aprem, avec les galeries marchandes. Centre-ville un peu musée, super gros loyer, tu ne peux plus faire de bruit, les facs bien loin pour pas qu’il y ait des jeunes en centre-ville. Ce qui ne va pas à Marseille ne va pas ailleurs. Tant qu’on ne se réapproprie pas un peu de l’espace public, y’a pas bon ! Dès qu’on peut poser deux platines et deux enceintes sur un trottoir, devant un bar, et mettre du son et passer un bon moment, on le fait ! Il faut refaire des choses en centre-ville, et ne pas être un extra-terrestre pour des gens qui ne te ressemblent pas !
Ici tu vas d’un quartier à un autre, t’as l’impression que c’est pas le même maire dans la ville.
Et là dès que tu entends deux tirs de kalachnikovs, « oh putain des kalachnikovs ! », et alors tu crois qu’il y a quoi dans les quartiers, des pistolets à eau ?! Ça fait 30 ans que l’on s’en bat les couilles ! C’est géré n’importe comment et ça vous étonne ? On a dix ou quinze ans de retards sur les USA, musicalement, vestimentairement…
Toi t’es artiste, tu les vois, c’est dur de se positionner. Moi j’aime pas trop parler de politique. On nous a souvent appelé, Massilia, pour des débats politiques, on n'a jamais trop… dès qu’il y a des couleurs, des gros logos, on s’est jamais trop mêlés. Chacun son rôle. Mais il y a un gros déficit de qualité chez les hommes politiques marseillais tout niveaux confondus, sans déconner. T’as la droite la plus bête du monde, le PS le plus bête du monde… Tu dois choisir entre deux citrons et un morceau de pizza. C’est ça qui est malheureux. J’aimerais voter pour des poètes, c’est des mecs comme ça qui devraient être en haut. Des visionnaires, des poètes, où les techniciens appliqueraient des visions. On a besoin de grandes idées, d’utopies, on en a marre !
Les jeunes utilisent donc la musique pour fuir cette réalité là ?
Gari : Bien sûr. J’aurais fait des connerie sûrement sans elle. Je coupe vite l’herbe sous les pieds en disant ça, car moi mon rôle c’est de faire lâcher prise pendant deux heures le samedi soir après ta semaine de fracturation. Mon rôle c’est ça et pas celui de te donner la clé pour réussir ta vie…
Ouais d’accord mais c’était pas dans ce sens que j’avais vu ça, mais plutôt dans l’optique de se fédérer à un groupe, comme pour les Bérus ?
Gari : Ouais mais c’est conjoncturel. A un moment donné t’as la montée du front national, tout s’enchaine. Après des mecs développent un message et une attitude fédératrice qui embraillent la machine. Malheureusement c’est pas aller bien loin car l’homme est l’homme. .. La plupart des artistes qui ont voulu faire ça ont pactisé avec le diable, il n’est pas resté grand-chose de cette époque là. Oh non je suis méchant en disant ça ! Tous les milieux associatifs dans la musique, ça a laissé des traces, des gens formés pour ça… il y a quand même eu un mouvement important.
Pour clore l’aspect politique, j’avais trouvé sur interview que tu t’étais clairement opposé à la Loi Hadopi, qu’est-ce qu’il faudrait faire ?
Gari : On ne peut pas aller contre les pratiques culturelles soutendues par des décisions industrielles : Phillips a un moment donné ils disent « je vends Polygram à Universal, j’arrête de produire de la musique ». Le lendemain ils sortent le graveur de cd ! Ceux sont donc des décisions industrielles qui engendrent des pratiques culturelles !
Dubmood, que tu as devant toi, est issu d’une génération qui voulait dire que acheter un cd, c’était comme aller à la messe !
Secondo, le quotidien de ceux qui sortent des disques depuis quelques années est comme ça vu les centrales d’achats, vu les distributeurs, vu les multiples intermédiaires qu’il y a dans la chaine de production. Gari Greu quand il vend un disque ça lui rapporte 15 centimes ! Donc bon, ce n'est pas avec ça qu’on mange. On pourrait même prendre le risque de vivre qu’avec nos concerts et nos droits d’auteurs quand on passe en radios.
C’est-ce qu’il c’était passé avec Oai Star, Va à Lourdes était vendu 10€ chez les disquaires…
Gari : Et on me l’a reproché ! Sur Va à Lourdes, en effet les prix étaient à 10€. Pour qu’il soit à 10€, je n'ai pas mis de livret pour arriver à rentabiliser le truc. On me la reprocher : « oui y’a pas de livret, etc… ». Mais voilà les mecs qui m’achètent ils ont pas un franc. On avait fait ça à l’époque car on tenait à respecter aussi le public : 15€ en concert pour Oai Star, 20€ pour Massilia, mais bon. Y'a la pratique culturelle. Tu ne peux pas ! Tous les minots ils ont les iphone, les ipod...
Dubmood : Aujourd’hui ça reste vraiment facile de télécharger, Hadopi ou non. Hadopi a fait mettre en réalité tous les gens au même niveau. C’est le meilleur en informatique qui va télécharger le plus de musique, mais ça continuera à télécharger.
Après y’a qu’en France qu’on peut vivre grâce aux concerts avec le statut d’intermittent… Tiens ce discours à un anglais, tu verras !
Gari : Non mais bon c’est clair que moi je suis d’une génération qui achète des disques, et je reste un passionné de musique. A l’époque j’avais quinze 33 tours, ça me coutait cher à l’époque, faut pas croire ! J’y tenais plus que tout. Aujourd’hui je gagne un peu ma vie, j’ai plus le reflex itunes, oui ! Mais notre génération a ça…
Dubmood : Quand je vois les jeunes qui écoutent du mp3 sur leurs téléphones avec leurs enceintes pourries, ça a perdu vachement de qualité le son mp3.
Gari : Mais tu vois moi quand j’étais minot tout le monde n’avait pas la chaine stéréo dans la salon ! Mais combien de fois j’ai vu des minots qui écoutaient Oai Star sur leurs portables comme ça ? Putain tu te dis : on aurait du leur envoyer les maquettes ! Toi tu mets tes basses à fond ! Mais ça me gène pas, le mec qui m’écoute sur Deezer, le mec qui me télécharge sur Bit Torent et qui aime ce que je fais, il viendra peut-être me voir en concert et dire à son collègue « ça déchire ! ».

Deezer, une réelle utilité ?
Gari : Moi je vois ça comme des gens qui écoute la radio, en fond. Je ne suis pas trop dans l’optique « je peux l’écouter, si j’aime je vais l’acheter ». Le gars il n'a qu’à le télécharger de son ordinateur… je ne pense pas qu’il aille télécharger le cd.
Dubmood : Il existe le site hollandais Bangcamp pour télécharger légalement…
Gari : Comment tu dis ? Bangcamp, épèle ! Car on a compris Bawbaw ! (rires)
Dubmood : B-A-N-G-C-A-M-P ! Mais tu peux avoir accès à la discographie et mettre le tarif que tu veux pour télécharger l’album…
Gari : Ouais mais bon Radiohead l’avait déjà essayé ce concept…
Dubmood : Oui mais pour Dubmood, les gens peuvent se dire « pour le voir en concert, c’est trop loin la Suède ! » donc je vais mettre 20€ pour les morceaux ou je ne sais quoi…
Gari : Après nous en tant que faiseurs de disques, il faut rendre aussi le truc un peu attractif et pas faire dix morceaux à la noix. Il faut que l’objet surprenne. Le prochain de Oai Star il y aura peut-être de l’image avec de la musique, il y aura un peu plus qu’une pochette. Les gars peuvent planquer des trucs dans les cds pour faire gagner des places de concerts ou autres ! Il faut réfléchir à des trucs comme ça de toutes manières.
Sur Manifesta, c’était le cas…
Gari : Oui. Il ne faut pas que tu sentes con quand tu achètes un cd par rapport au mec qui vient de le télécharger.
Pour finir, vous supervisez ou aidez quelques groupes en parallèles qui émergent… comme Mauresca Fracas Dub de Montpellier.
Gari : Ils n'ont pas trop besoin qu‘on les aide… Mauresca bosse au studio de La Ciotat. Ils ont fait leur dernier album là-bas, Tatou les a un peu aidé à articuler le truc, Blu a fait des guitares, ils commencent à bien se développer… Ils sont dans le collectif Massilia Chourmo aussi ! Quand on fait des balètis…voilà quoi ! Ça commence à être porteur et à fédérer ! C’est bien ils progressent. Le dernier disque il est bonnard, vachement bien produit… Non Mauresca ça commence à avoir de la gueule !
Ils ont leur identité. Ça ressemblait un peu à Massilia sur le premier cd, mais plus maintenant. Tu sais pour devenir un bon MC, à part quand tu t’appelles Prince, il faut des kilomètres au compteur. Animer des balètis, avoir fait danser des publics récalcitrants… après tu commences à maîtriser ton truc.
Je t’avoue qu’au niveau production, c’est quelqu’une chose qu’on a commencé à faire au milieu des années 90, quand on était à Vitrolles avec Toko, les Black Lions, d’autres groupes de Marseille aussi, Double Embrouille de Bordeaux, il y a toujours eu un souci. Un souci artistique, un souci humain, un souci de kilomètres, ça a toujours été compliqué. Donc on s’est dit qu’en fait, il y aurait toujours quelqu’un de chez nous dedans ! (rires). Depuis cette décision il y a Moussu T e lei Jovents, Papet J, Oai Star, Gari Greu, Dubmood, etc. Les Djs du Soleil aussi qu’on a oublié !
Maintenant moi au studio avec Dj Kayalik qui m’épaule, mon alter-ego au studio, il nous arrive de travailler avec un artiste qui va nous amener quelque chose. En ce moment on bosse avec Hakim Hamadouche, qui est le joueur de lute de Rachid Taha. C’est un ami à nous, un artiste immense, un grand musicien, un grand chanteur qui prépare son premier disque. Donc on travaille avec lui un peu avec Kayalik. On s’est mis à son service pour qu’il puisse créer ses chansons, les concrétiser, confortablement. Et nous ça nous apporte aussi car on bosse avec un grand musicien. Donc voilà, quand artistiquement un truc nous fouette, on va y aller ! On a encore un autre projet, c’est un peu plus différent : c’est que Dj Kayalik, seul en Dj dans des clubs.

Il porte le même nom ?
Gari : Ouais ouais ! Dj Kayalik. Donc on essaie de développer ça aussi cette année. On le fait un peu plus tourner. Lui c’est un Dj, il a cette culture funk, hip hop, ragga, etc. Ça raconte moins de choses mais c’est aussi important qu’on est cette dimension là. Quand on fait les balètis et qu’il y a une heure de Dj Kayalik, tout le monde est à fond !
Moi j’aime dans une soirée qu’il y ait un peu toutes les dimensions, donc on développe ça aussi avec Dj Kayalik.
Mais pour moi, le meilleur projet qu’on ait fait cette année, c’est les Djs du Soleil. C’est l’essence du truc : c’est parti d’un truc tout bête. Proposer des animations à des bars à l’heure de l’apéritif. A savoir, quand il fait beau, car il vaut mieux que ce soit dehors. Voilà on arrive, on pose deux enceintes, des basses, le clavier, le micro, et tout d’un coup t’as Papet J et Gari Greu sur le trottoir ! Les mecs passent et se disent « oh putain ! » et ils appellent leurs collègues ! Depuis qu’il y a Facebook on communique un peu plus sur les lieux… d’ailleurs il y a du monde avant qu’on commence ! (rires).
De 19h à 22h pour pas qu’il y ait embrouille avec flics, voisinage, etc. Donc on slalome dans la loi. Mais ça a été vraiment génial. Maintenant il y a Pastis 51 qui nous soutient et qui nous aide à produire ces trucs-là. On en a fait une dizaine dans Marseille et on voudrait en faire ailleurs. Toujours les mêmes idées : concert dans un espace public, gratuité, pastaga moins cher !
C’est une manière de se demmerder sans subvention aussi. Froidement. Je trouve que les gens qui dirigent 51 dans le Sud, ce sont des gens que nous avons rencontré dans des concerts, sont hyper cools. On s’entend bien, ils sont sympas. Ils captent ce qu’on raconte. Alors évidemment ils bossent dans une grande boîte qui est un peu multinationale, mais eux ils sont à Marseille et surtout à fond derrière nous pour ce que l’on a envie de faire. J’ai dis à Papet J qu’il valait mieux les prendre là les ronds, que plutôt au Conseil Général par exemple.
Voilà cela nous permet de slalomer dans cette période de crise du disque, de crise de la culture et autre. Mais tu peux te faire critiquer pour ça, faut pas croire ! Mais à la base il y a le truc humain, et moi je ne fais pas de différence.
51 nous aide à concrétiser ce projet là. On va dans des bars avec qui ils bossent tout en ayant un droit de regard sur le choix des bars. Mais c’est vraiment un projet qui est délirant : poser deux platines et un micro sur le trottoir, et tout d’un coup on « barcelonise » Marseille ! (rires). Et même quand on arrête à 22h, les autres bars et restos du quartier restent plein jusqu’à 2h ! J’ai l’impression que d’un coup t’es plus à Marseille. Jamais d’embrouille, bonne humeur… donc c’est possible en dehors de la Fête de la Musique de faire tout ça.
Imagine on fait une réunion : on prend cinquante patrons de bars à Marseille. On signe une charte tous ensemble, une volonté d’animation, de devenir un acteur culturel, chacun en quinconce. Tous les mercredis, jeudis, vendredis, il y a des trucs un peu de partout dans tous les quartiers… Tout s’enchaine… Marseille deviendrait Barcelone ! Et t’as pas demandé un franc à la Culture ou à qui que ce soit ! Les bars ils se font la culbute car je te dis pas les recettes qu’ils se font. Ils ne nous le disent pas mais j’imagine, truc de malade. Les gens à Marseille se disent « putain on dirait Barcelone ou à Rio, c’est le feu ! ». Les vieux, les jeunes, ensembles ! C’est important ça. Sinon la vie ça devient gris. L’horreur quoi. Donc pour moi, il est essentiel ce projet.
L’essence, c’est parti de ça : un jour au Cours Julien, Tatou et Papet ils ont posé deux platines sur un tréteau avec la sono. Ils ont chanté deux heures puis les condés sont venus les arrêter. Mais Massilia, à la base, c’est né comme ça.
Je me régale. Je prends le micro, j’ai deux cents chansons qui me viennent ! C’est le projet qui synthétise les choses. Y’a pas de disque, y’a pas de vrai concert, mais c’est à la fois essentiel. Ca donne vachement de sens au reste. Là ce soir on part faire Massilia pour demain, à Toulouse. Il y aura le gros bus, la grosse scène, comme Johnny Hallyday. S’il n’y a pas les Djs du Soleil sur le trottoir à côté et ben écoute… je pense que Gari Greu sera devenu un gros con.
Ça permet de rester un peu en éveil et de garder ce truc là. C’est pas évident, faut pas croire. On en a souvent parlé avec Massilia, on doit éviter la tour d’ivoire, le truc où tu te renfermes, où tu deviens l’artiste qui doit créer un truc virtuel. Nous on est comme Bob Marley dans la vraie vie.
Si tu devais faire un bilan de Massilia des 20 années écoulées, ce serait quoi ? L’humain avant tout ?
Gari : Bah « humain » on s’en fout un peu. « humain » ça me regarde plutôt moi. Mais bien évidemment ! Comme je te disais, ma vision est peu faussée… Je me suis construit, je ne peux pas concevoir ma vie sans Massilia. Même si je suis en train de créer Gari Greu, je bosse Oai Star, etc. Je ne peux pas imaginer ma vie sans Massilia. Je suis le soldat de Massilia. Je ne suis que ça. Je suis super fier de tout ça, toutes ces années… J’imagine que Lux est fier de nous aussi là-haut. Le fait qu’on reste intègre, qu’on reste Massilia, c’est pas pareil. C’est pas pareil Massilia !
Et humainement… j’ai plus de famille biologique moi. Il me reste ma mère et ma sœur, mais j’ai plus de famille biologique. C’est Tatou, c’est Papet, c’est Dubmood, c’est Buzz, c’est Janvier, c’est Caroline…
Mais ça après c’est tous les groupes, la famille. Dès qu’ils ont fait quatre concerts, deux pique-niques, c’est « la famille » ! On s’est traités souvent d’enculés et on s’est souvent dis je t’aime. Voilà, on est une vraie famille.
Ok. Parfait !
Gari : Conclusion de fou que je viens de te faire ! (rires) « Soldat de Massilia ! »
C’est clair ! (rires).
01 décembre 2010
Rencontre avec Gari Greu de Massilia Sound System & Oai Star (partie 2/3)
Dans les studios de la Friche de la Belle de Mai à Marseille, rencontre avec Gari Greu, membre actif du Massilia Sound System et du Oai Star depuis maintenant 20 ans.
Après une première partie de l’interview plus personnelle, Gari nous dresse un bilan sur l'actualité des différents projets du collectif Massilia.

On essaie d’entamer le deuxième volet de l’interview, parlons
maintenant de l’actualité des différents groupes, c’est-à-dire Massilia
Sound System, Oai Star, et ton projet solo. Alors à propos de Massilia,
quelle est elle la situation en ce moment ? J’ai vu que de nouveau des
dates de concerts étaient programmées ?
Gari : Massilia, on prend du plaisir. En 2003, on a décidé de fonder Oai Star, Moussu T e lei Jovents, Papet J ; on s’est dit « il faut qu’on arrive à gérer la rareté de Massilia ». Sinon on va tomber dans du train-train en bois, et c’est pas le but. En gros ça veut dire quoi ? On fait un disque de Massilia tous les cinq-six ans, et surtout quand on a l’envie et l’idée.
C’est-à-dire "pas faire un cd pour faire un cd"…
Gari : Il faut avoir l’idée. Donc on est toujours partis
là-dessus, on prend du plaisir, tous les printemps et étés on se fait
dix-quinze dates… et c’était énorme ! A tous les concerts de Massilia
on prend un plaisir de folie, les gens se régalent, on le fait dans des
endroits qui ont envie de le faire, on ne démarche pas !
Alors maintenant qu’est-ce qu’il va se passer ?
Gari : On va sortir un DVD ! Un DVD d’un concert de la dernière tournée de Oai e Libertat, un concert de l’été dernier après le décès de Lux. Un concert qui représente le Massilia tel qu’il l’est maintenant, avec son ailier gauche en moins et surtout un équilibre différent. Et sur ce DVD, pour pas que ce soit un produit à la con, on rajoute un peu des trucs… On avait sorti un live en 1996 qui s’appelle On Met Lo Oai Partout !, épuisé, on le refout dedans. Un ensemble qui fera plaisir aux gens qui nous aiment. Donc à l’occasion de ça on va faire quelques dates, toujours de la même manière, avec quelques Comedia Provençala, aux printemps et dans l’été, avec nos projets parallèles. Massilia va vraisemblablement se mettre au travail dans pas trop longtemps. Parce que je pense qu’on commence à avoir envie de s’y remettre, notre petit chantier Massilia. Mais voilà on met la barre est peu haut, on n’a pas envie de faire un disque pour faire un disque comme tu le disais.
Massilia c’est neuf albums, il faut qu’on surprenne, faire plaisir, et qu’on continue à écrire l’histoire. Mais tu vois on est à un moment de l’histoire du groupe. On a rarement été aussi apaisés. Depuis le départ de Lux, tu sais quand tu perds quelqu’un de si proche, un frère... tu te dis « je t’aime », tu te dis des choses, et c’est la vie qui donne du sens aux choses. Pour apprécier le bonheur il faut savoir aussi affronter le malheur, on a toujours vécu comme ça. La vie c’est le temps, c’est la vie qui nous a renforcé. On est à un moment de l’histoire de Massilia ! Comme je te dis dans les derniers concerts on a pris un plaisir rarement atteint depuis plusieurs années. Ensemble, les soirs où jaillissent le public… On a répété deux jours la semaine dernière, un soir de bonheur. On s’est éclaté à faire du travail de qualité. Massilia c’est important, Massilia c’est au-delà de la musique, Massilia c’est une manière de voir la vie, une manière de se donner des solutions pour affronter le quotidien, pour affronter la vie comme elle est. Je ne parle pas que pour les fans de la Chourmo qui nous suivent et qui, eux, sont en réseaux ! En plus maintenant avec les Facebook et les conneries comme ça ! Le moindre apéro commun il y a 200 personnes ! (rires).
La vie faut la vivre ! Les mecs qui sont dans la Chourmo, leurs vies est plus douce que ceux qui sont seuls ! Tout simplement. Et c’est pas une secte, c’est pas un parti politique, c’est juste une espèce de communauté d’idées même si les gens sont différents et ne pensent pas obligatoirement la même chose. Une communauté d’idées sur le fait qu’ensemble il faut se trouver des dénominateurs communs, il faut aller les uns vers les autres, il ne faut pas que prêcher au convaincu. Dans la Chourmo y’a des gens qui ont 60 ans, des gens qui ont 15 ans, qui sont souvent ensemble à rigoler en même temps. C’est nos plus belles victoires, à l’image de notre public je vais te dire.
Bon sur Oai Star aux premiers rangs y’a que des furieux ! (rires). Y’a des gens qui écoutent Dubmood et qui ont 50 balais, ils ont tous les titres dans leurs Ipod ! Y’a des minots de 10 ans qui délirent sur Moussu T, sur des chansons un peu écrites, etc. Notre vie c’est ça, de Dubmood à Moussu T !
Et d’ailleurs au niveau du CFC, il tourne encore ?
Gari : Ouais mais là cette année on a eu un souci par rapport au CFC !
On n'a pas pu s’inscrire à temps ! Ça va redémarrer la saison
prochaine. Là c’est toujours pareil : loisirs, club de foot, gérer le
quotidien, c’est pas évident ! Il y a des saisons c’était plus compliqué
de trouver onze mecs motivés, et surtout des mecs qui sont dans l’asso,
qui portent un peu le message quoi ! Le CFC c’est des mecs qui
ont joué au foot et qui s’en battent du reste. On essaie que ça existe
avec du sens. Parce qu’au début, nous on jouait avec Lux, y’avait machin, c’était pas pareil ! Les mecs qui jouaient contre nous ils hallucinaient ! Nous, voilà quoi, c’est le Chourmo Football Club,
« les joyeux fadas du ballon ! ». Le vendredi soir c’était avec les
fumigènes, ils hallucinaient les mecs ! « ooooh hisse enculé ! » et tout
c’que tu veux ! On rigolait ! Il faut qu’on retrouve ce truc là au
niveau du CFC ! S’il doit devenir un club comme les autres ça nous intéresse pas…

(Sources : myspace/pirlouiiiit)
Ok pour Massilia. Maintenant, Oai Star.
Gari : Allez viens ! On parle de Oai Star un peu ! (il s'adresse à Dubmood)
Concernant le futur, Est-ce qu’il y aura un nouvel album ?
Gari : Ah ben là Oai Star c’est autre qu’un nouvel album ! Oai Star c’est… Je suis obligé de te parler de mon projet si on parle de Oai Star. J’ai décidé cette année de dissocier tous les disques de Oai Star, j’ai toujours trois chansons de type Chérie, Sèvre Ton Chanvre Paysan, Du Vin et Du Boucan pour les disques d’avant. Des chansons qui sont un peu « hors cadre » du projet initial. Je le fais car j’aime les chansons, j’aime les chanter, mais en spectacle je ne les joue pratiquement pas, à part Chérie.
Du Vin et du Boucan, jamais joué…
Gari : Ouais parce que dans Oai Star c’est dur à insérer, surtout dans le nouveau Oai Star. Alors moi j’ai décidé de faire toutes mes chansons sur Gari Greu, puis sur Oai Star on va… pas radicaliser le truc mais… Oai Star va vraiment remplir sa fonction de faire péter les plombs pendant une heure.
Donc toi, tu veux incarner une branche plus posée, plus reggae ?
Gari : Non pas spécialement plus posée, et pas spécialement du reggae non plus. Ce sera plus des formats chansons, des formats type Voyager Intelligent, type Chérie « faut faire la vaisselle ». Mais ce Gari là existe, c’est un peu le croisé du Gari de Massilia entre le Gari de Oai Star, le vrai Gari quoi ! Je ne m’interdis rien. Je ne suis pas là pour faire un disque de ballades ou de machin ! Je ne veux pas me mettre assis quoi !
Tête Brûlée, je ne l’ai jamais entendu par exemple.
Gari : Même si tu vois, Tête Brûlée, c’est un morceau qu’on est en train de reprendre en main et qu’on veut ré-intégrer dans Oai Star. C’est pas une question de beat, c’est une question de type de chanson.
Donc voilà, Oai Star ça repart ! Et ça repartira lorsqu’on aura créé un nouvel album. Regarde Dubmood il est en train de faire son disque solo, et immédiatement après il se met à composer Oai Star. Notre délire c’est d’arriver à l’avoir fini d’ici un an, je pense qu’il m’aura livré pas mal d’instrus au printemps prochain, je vais me prendre l’été dans le bus pour écrire ça et qu’on enregistrera en 2011.
Oai Star on a quand même pris beaucoup de plaisir dans la dernière tournée. Je pense qu’on a encore plus développé le truc. Et je suis content d’avoir continué maintenant. Je suis content de voir des mecs qui arrivent aux concerts avec des panneaux marqués de « Lux B forever ». Pas se servir d’un coup dur pour rebondir, mais pour la mémoire de mon collègue ! Mon collègue c’était un fou, le seul truc qui le faisait délirer c’était rassembler les gens, leur donner du bonheur, les sortir du train-train télé/médias, pensée unique, etc. Son truc c’était ça. Moi avant, après les concerts je restais vachement dans la loge, c’était Lux qui allait voir tout le monde, délirer avec les gens ! Moi je suis timide.
Attends t’es pas timide ! Quand on te voit sur scène tu parais pas timide !
Gari : Oh depuis qu’il n’y a plus Lux je vais vers le public, je vais à la rencontre des gens beaucoup plus. Tu ne peux pas savoir comme ça m’a apporté, comme ça m’a aidé à surmonter la vie. Après Lux, j’ai perdu mon père, six mois après. En fin de tournée, au moment de jouer le concert à Virgin, deux heures avant. T’as vu la tête que j’ai à Virgin ? En rentrant sur scène, je viens de perdre mon père… Mais quand je suis Oai Star, quand je suis sur scène, Massilia ou autre, tu te lâches au-delà de ça. Tu n’es plus la même personne. Dans la vie je suis très timide, mais je ne suis plus la même personne. Et ça… c’est ma vie. Ça me guide. Le public, cette année là, m’a vraiment aidé à surmonter la vie. Parce que le concert, comme je le dis souvent, tu peux faire les meilleures chansons du monde, si le public n’est pas dans le même état d’esprit, positif, etc, la soirée elle va être en bois. On s’en rend vraiment compte sur Oai Star. Les mecs ils arrivent, tu croirais qu’ils ont répété ! Ils viennent faire leur petit spectacle à eux !
Tu vois lui (Dubmood), il n'a pas trop connu ça même s’il fait une musique électronique, funk, qui rend les gens un peu fou, ça l’a changé !

(sources : lastfm -ttrueplaya)
Dubmood : C’est sûr qu’en France, le public électronique… Enfin le public électronique c’est pas le même style d’ambiance...
Gari : C’est le seul artiste électronique dans la région ayant un public qui n’est pas juste de mecs qui sont niveau bac+2 à la fac, qui ont leur petit look, leur petit goût, leur petit ipod, leur petit accent pointu ! Y’a des gros cakes de quartiers qui écoutent de la musique électronique depuis qu’ils connaissent Dubmood. Parce que c’est les vibrations qui les intéressent, leurs petits effets, et le rapport qu’il a ! Dubmood quand il joue les Dj’s du Soleil sur le trottoir, il vient pas jouer du reggae plamplam. Il joue de la musique qu’il passerait dans une soirée hyper hype. Les mémés elles passent et tu vois quoi ! Ça casse les barrières. Les gens créaient des chapelles pour pouvoir exister, nous on se créait nos barrières si tu regardes bien. C’est un peu ado comme manière mais quand j’étais minot, si tu ne connaissais pas les Clash, je t’adressais même pas la parole ! Je te parlais pas ! T’avais pas un minimum de look rock’n’roll : t’existais pas ! Même si t’étais dans ma classe ! C’était adolescent, mais j’étais comme ça à fond ! Après tu t’ouvres, et quand t’es artiste, comme Dubmood, quand tu vois un mec de La Calade qui ne connait rien à la musique et qui danse sur la tienne, t’es content.
Dubmood : Puis surtout une grande part des artistes électroniques viennent du autre classe, plus branchée, avec les parents, avec son petit matos, son argent… regarde Justice, regarde Daft Punk, regarde la plupart des artistes électro français, c’est assez bourgeois.
Gari : Regarde la techno ça part de Détroit. C’est des raklos
qui inventent le genre, ces des mecs de cité qui n’ont pas un franc,
s’achètent du matos de merde… à l’époque des TD303, des 808, ça coûtait
rien d’occaz, et c’est eux qui inventent le genre. Une musique de
ghettos. Ça ne vient pas des salons à la base.
Oai Star est donc dans un processus de continuité ?
Gari : Ah oui avec Dubmood c’est un peu lui qui a les reines de la production, notre producteur artistique. On fonctionne un peu comme un groupe de hip hop. Le producteur musical et le MC. Voilà, on a cette manière de travailler, même si lui fait les corps de morceaux dans ses machines. après Oai Star fait batterie, guitare… Je pense qu’on va aussi un peu changer le line-up du groupe.
Le batteur de Oai Star est d’ailleurs passé chez Moussu T ?
Gari : Disons que le batteur de Moussu T en a eu marre, donc il a arrêté les tournées. Vu qu’en ce moment on ne tourne pas, il est parti avec eux. Mais Al Battor est un batteur très complet : il peut battre du punk rock, du reggae, du funk, et c’est vraiment le bon client pour Moussu T. Mais bon c’est familial notre truc (rires) ! C’est un peu pareil entre nous, on a des techniciens communs. Sur l’album de Gari Greu c’est Blu qui fait presque tous les arrangements… Voilà.
Toi ton album, il sortirait quand ?
Gari : Il va sortir après l’été. Le single va arriver au
printemps, et les concerts enchaînent en mars. On va commencer les
concerts vachement avant.
Comme pour Manifesta de Oai Star.
Gari : Ouais je fais un printemps/été pour mes disques.
Le projet s’appèlera donc ?
Gari : Gari Greu. J’ai pas encore défini mes musiciens, je sais qu’il y aura déjà Buzz et Dj Kayalik.

Et toi Dubmood, tu peux aussi présenter ton projet ?
Dubmood : Donc mon projet, c’est moi : Dubmood. Entouré de GEMTOS, actif dans le monde un peu de la techno minimale, avec la particularité des game boys et autres.
Gari : Bah Dubmood dans sa période est adepte des game boys, mais là il s’est ouvert un peu puisqu’il y aura presque des chanteurs sur tous les morceaux, il a élargit son spectre quoi.
Dubmood : C’est un peu le compromis entre Dubmood et Oai Star.
Gari : Ouais disons que tu ressens qu’il y a eu du Oai Star à
la production. Moi j’ai beaucoup d’ambition pour son projet, je pense
qu’on a besoin de son électronique à la fois punchy, moins main street
et tout ce que l’on entend. C’est rock’n’roll ce qu’il fait. En live ça
sera super. C’est essentiel qu’on arrive à ne pas se permettre de faire
un Oai Star tous les deux ans, comme pour Massilia. Pour
garder un qualité. Tu vois aujourd’hui on travaille sur ses morceaux, on
est dans un processus commun. Ça me nourris beaucoup d’échanger, de se
pencher sur ses trucs. C’est des sorties au niveau de ce que l’on se
raconte.
Une échange d’expérience au final ?
Gari : Écoute, je suis arrivé, je ne savais rien. J’ai 43 ans,
je commence à savoir que je ne sais vraiment rien, tout ce que je sais,
c’est ce que mes grands frères m’ont amené, et immédiatement je le
fais passer aux petits frères qui arrivent derrière moi. Et eux feront
pareil derrière. Y’a que comme ça qu’on peut subsister en étant artiste
aujourd’hui. On n'est pas à Paris, on ne connait pas les mecs des
radios, on ne boit pas de coups avec nos maisons de disques, on ne fait
pas la bise aux décideurs des subventions…
Massilia absent des médias…
Gari : Non mais à Marseille je connais degun ! Je connais
degun à la DRAC, je connais degun à Radio Grenouille, on connait degun
mais on avance. Il te faut te lever, si tu es comme nous. Tu fais 35h
par jour. Tu vois ? Avec Dubmood, on travaille tout le temps.
Mais au moins comme ça, quand on te dit : qu’est ce que tu fais dans la
vie ? Lui il dit « moi je suis Dubmood » et « moi c’est Gari Greu ».
C’est ça notre métier. Mais on n'a pas l’impression de travailler. C’est
ça la classe. On a notre petit studio, mais on est quand même obligés
de pactiser avec Paris pour vendre les disques mais voilà. Après y’a les
gens autour, et en concert, tous les gens qui viennent nous voir, on a
passé un moment pas pareil.
Dubmood, une idée de sortie pour ton album ?
Dubmood : Après l’été, aussi. Il y aura un six titres au printemps pour annoncer un peu le nouvel album.
Un EP, un maxi ?
Gari : Lui dans son genre ce serait plutôt…
… un vinyle.
Gari : Oui ! Mais on a la volonté de sortir un véritable album de Dubmood. Suivi d'une tournée bien sûr !
A suivre
30 novembre 2010
Rencontre avec Gari Greu de Massilia Sound System & Oai Star (partie 1/3)
Dans les studios de la Friche de la Belle de
Mai à Marseille, rencontre avec Gari Greu, membre actif du Massilia
Sound System et du Oai Star depuis maintenant 20 ans. Bilan des groupes, actualités, vision de la vie, Gari nous
expose son quotidien, sa passion, autour de l’univers du Massilia. La
première partie de l’interview est un peu plus personnelle, elle nous
raconte comment Gari en est arrivé là aujourd’hui. Avec passion.

Aioli Gari… Bon je n’aime pas commencer comme ça,
mais je vais te demander une petite présentation de toi et des groupes
dans lesquels tu participes, histoire de bien situer le contexte pour
nos lecteurs.
Gari : Je suis Gari, un MC qui habite à Marseille et qui évolue depuis une vingtaine d’années avec le Massilia Sound System. Massilia Sound System je les ai rencontrés un peu par hasard à l’époque… Massilia existe depuis 1986 et c’était un Sound System marseillais. À l’époque j’étais pétrie de rock et de punk anglais. Tout ce qui était chanté en français ça me cassait les couilles ! Mais c’était la première fois que des mecs racontaient ce qu’il se passait à Marseille et je trouvais ça valable, tu vois. Quand j’ai rencontré Massilia ça m’est rentré dans la tronche. Mon pote c’était Lux Botté et il faisait de la radio sur Radio Galère…
À la Friche aussi…
Gari : Ouais au dessus ! Je suis devenu collègue avec Lux, j’allais à toutes ses émissions de radio, au début pour regarder, et après pour l’aider un peu. On a connu Massilia comme ça. On a embrayé dans Massilia en 1992. Moi j’étais étudiant, j’ai arrêté mes études. Parce que ce n’était pas que de la musique, c’était… comment dire… un rapport à la société et à la vie qui était différent. Et du coup je me suis dit que la musique ce n’était pas que quatre accords et des chansons. On chante le quotidien, on est le haut-parleur de la communauté, on essaie de rassembler. On s’empare du provençal pour faire comme Bob Marley qui chante en patois du Jamaïcain. On fait pareil que lui, on adopte un peu la même stratégie que Bob Marley. Ça me rentre dans la tronche ! À 20 ans j’arrête tout et je pars avec ces mecs qui ont dix ans de plus que moi : Tatou, Papet J, qui sont déjà construits intellectuellement, et en gros qui m’éduquent, me donnent une conscience politique, une vision du monde. Moi je suis un peu différent des autres dans Massilia. Je suis rentré très jeune…
T’es le dernier arrivé non ?
Gari : Depuis il y en a d’autres qui sont arrivés, mais je suis arrivé très jeune et j’étais pas du tout construit… La première fois que j’ai pris l’avion, c’était avec Massilia, la première fois que j’ai rencontré l’amour c’était dans Massilia, la première fois que j’ai eu un embryon de conscience politique c’était dans Massilia, je me suis cultivé grâce à Massilia, enfin voilà !
Une éducation par Massilia…
Gari : Oui une éducation, mais c’est surtout la culture ! J’ai eu la chance de faire des études, mais c’est plus Tatou et Papet qui m’ont cultivé que les profs que j’ai eus à l’école. Tatou, Papet, les gens qu’on a rencontrés en général. Claude Sicre (NDLR Chanteur des Fabulous Trobadors) et les autres ! Je suis devenu un peu MC par accident (rires) ! Je n’étais pas destiné à ça, je gratouillais la guitare, la basse, tout ce que tu veux, mais je n’étais pas du tout dans un délire comme ça. La musique c’était vraiment… Je n’aurais jamais pensé faire des disques quoi ! Au début je suis devenu MC pour faire un peu des chœurs avec Tatou, Papet et Lux. Après je me suis pris au jeu. Puis je me suis senti capable d’animer les Sound Systems, d’improviser, de trouver le truc ! J’étais pas très doué, mais à bonne école : Tatou, Papet, tout ça ! Je les voyais faire et au bout d’un moment, j’arrivais à m’en sortir.
Je me suis pris au jeu et après je me suis mis à écrire des petits couplets et ensuite des chansons, pour amener ce que je pouvais mettre dans le pot commun. Sachant que je bosse avec des gens qui sont… (hésitation) Ce ne sont pas des artistes qui gardent leur petit statut d’artistes, bien avec eux, serré, en voulant tout garder pour eux. Papet et Tatou, ce sont des mecs qui nous ont vraiment poussés dans la lumière, Lux et moi. Donc au bout d’un moment on a créé Oai Star…
Dans les années 2000…
Gari : Oui c’est ça ! Avec Lux, au début c’était pour déconner, avec les collègues ! On s’était dit « Maintenant qu’on a notre petite personnalité au micro, nous, on va essayer de faire un peu de rock, pour rigoler ! ». On a fait un premier disque pour l’association Massilia Chourmo, vraiment pour les membres…
Volume 2…
Gari : Ouais qu’on a fait speed, en semaine, avec Tatou en studio en rigolant ! Et de fil en aiguille, on a fait quelques concerts, tic tac tac (en faisant de grands gestes). Après on a fait un vrai premier album pour lancer Oai Star.
L’album Oai Star…
Gari : Avec l’album Oai Star on a commencé à développer nos trucs, en prenant du plaisir et en s’éclatant. Oai Star pour moi c’était le groupe de Lux ! Lux était le capitaine, tu vois ! Je me battais pour faire des chansons, mais pour moi c’était vraiment le groupe de Lux !
Et voilà, est arrivée l’année 2008 où Lux a disparu… Dans un premier temps je me suis dit que Oai Star, sans Lux…
C’était plus Oai Star…
Gari : Oai Star c’était notre duo, la complémentarité. Mais voilà après j’ai rencontré Dubmood. Et Dubmood
avec son énergie, sa jeunesse, ses Game Boys, son son, sa folie, son
talent, tout ça ; il m’a donné les codes, l’envie de reprendre Oai Star. Oai Star ce n’est pas les Rolling Stones,
mais les gens s’en sont un peu emparés ! Ils ont un rapport avec ce
groupe qui assez bonard je trouve ! Ils vont plus passer un bon moment à
s’éclater qu’à écouter de la musique ou un répertoire. On a réussi ce
qu’on voulait faire avec Oai Star : une heure et demie d’exutoire, où tu viens et « c’est pas pareil » ! Donc avec Dubmood
on voudrait perpétuer ça, en amenant une nouvelle dimension au truc. Du
coup le prochain album c’est lui qui va le composer. On fonctionne un
peu comme un groupe de hip-hop. Oai Star maintenant c’est Dubmood qui prépare les instrus et Gari qui fait les textes.

D’ailleurs Dubmood comment tu l’as rencontré ? C’est une rencontre au hasard ?
Gari : Alors Dubmood il est de Göteborg et ça faisait un an ou deux qu’il était à Marseille. Papet l’a rencontré un peu avant moi, il l’avait invité à l’after d’un concert de Massilia à L’Usine. Et à l’after dans une salle à côté, je l’ai vu avec sa Game Boy. J’ai pris le micro avec lui avant qu’on se parle. Ce soir là on a fait La Chenille ! Hey tu te rappelles quand on fait la chenille ?! (il s’adresse à Dubmood)
Dubmood : Ouais !
Gari : C’est là où on s’est rencontrés ?
Dubmood : Ouais !
Gari : Des malades, c’étaient des malades ! (rires)
Dubmood reprenait le riddim qui est devenu le futur riddim de Feignant et Gourmand ! Il était déjà dans la Game Boy et on a fait la chenille ! Ce soir-là les gens étaient… ils sont devenus fous ! Oh, dans le Cabaret (il montre la salle à côté), ils étaient debout, sur les tables, à danser !
Dubmood : Mythique !
Gari : Ouais truc de fou ! Je lui ai dit « passe au studio » et je ne pensais même pas à Oai Star. On a parlé, et de fil en aiguille je me suis dit… Et d’une autre manière, lui aussi réciproquement…
Pourquoi pas refaire un truc…
Gari : Voilà. Il a sa carrière solo aussi, il prépare son album, et ça lui donnait une autre corde à son arc. Pour moi c’est bon d’avoir plusieurs cordes à son arc. Cela permet de faire évoluer ton projet principal. C’est un truc qu’on garde ! Là je suis en train de préparer le disque solo de Gari Greu. Personnellement on a besoin de se mettre en danger artistiquement. On a besoin de chercher vers ailleurs, de donner autre chose au public… Je ne veux pas tomber dans la facilité. Imagine, si avec Massilia on faisait ça, on n’existerait plus aujourd’hui. Les gens seraient obligés de faire un disque tous les deux ans, être en tournée en permanence… Au bout d’un moment…
C’est clair… Dans la musique, en famille, avec ses potes, au bout d’un moment il te faut prendre l’air, être un peu tout seul.
Gari : Bien sûr. Depuis qu’on a les projets solos, on aime encore plus Massilia. Ça te permet d’avoir un regard un peu externe, ça te permet de réaliser plus. On a fait progresser Massilia depuis qu’on a tous ses aventures à côté.
Le dernier album en est le reflet… On ressent les influences de tous les projets solos dans Oai e Libertat.

Gari : Tu le sens peut-être encore plus dans Oai Star, car dans Oai Star je demande à Moussu T de faire un morceau, je demande à Papet son avis. Ça, tu vois, on le fait moins sur les autres projets. Dans Moussu T e lei Jovents, même si Tatou me fait écouter les maquettes, me demande mon avis, ce n’est pas entièrement la même chose. Oai Star synthétise un peu tout Massilia. C’est vraiment « la branche agitée » du Massilia Sound System. Il y a un peu de Moussu T, il y a un peu de Papet, j’y tiens beaucoup à ça ! Sur Gari Greu ça sera moins le cas, mais sur Oai Star je demande toujours leurs avis. Pour moi, c’est global comme truc.
Ce ne sont pas des albums dos-à-dos. Tout ce qu’on raconte chez Moussu T, chez Papet J, chez Oai Star, chez Gari, chez Massilia, même chez Dubmood, il y a une espèce de cohérence, d’une vision du monde, de la société, commune. De voir son statut d’artiste aussi, une manière de voir notre relation avec le public. C’est vachement important pour nous. Même à la Chourmo, il y a des petits concerts payants, mais systématiquement avant tout on va jouer facilement dans les petits trucs, les bars, les machins ! Pour avoir justement ce contact avec le public. Chérie par exemple les premières fois je l’avais chanté dans des bars, j’avais vu que les gens s’en étaient emparés. Du coup j’ai voulu m’en servir. Je répète que, pour moi, je vois ça globalement. Généralement les mecs qui partent en solo c’est qu’ils se sont disputés…
Les Comedia Provençala en sont l’exemple. Avoir les projets solos puis Massilia pour finir c’est tout ce qu’un amateur du groupe peut souhaiter, c’est la cerise sur le gâteau !
Gari : On a fait ça pour ça.
Tu vois qu’il n’y a pas d’embrouilles… D’habitude les projets solos signifient prise de tête…
Gari : Puis après les projets solos ne marchent pas et donc on relance le groupe. C’est clair, mais quelquefois ce n’est pas toujours le cas. Quand je vois mes potes de Zebda, quand ils sont partis en solo, ils sortaient d’un gros tube. Avec la pression, ils en avaient marre de rester dans le même bus ; comme nous en 2003. À un moment donné, on s’est dit que si on voulait durer il fallait qu’on se donne de l’air. Je vois que Magyd a toujours écrit pour Hakim et Mouss. Nos projets sont transversaux, ils ont un lieu commun où tout le monde peut se voir… On n’est pas les seuls à avoir cet état d’esprit.
Il y a des rumeurs concernant Zebda comme quoi ils se reformeraient ?
Gari : Tu peux te permettre de le dire ! Hakim et Mouss me l’ont dit officiellement : « On travaille avec Magyd depuis quelques mois… »
Sur un nouvel album ?
Gari : Oui, qui sortirait après l’été 2011. Hakim et Mouss m’avaient invité à la Fiesta des Suds, il me réinvite bientôt, on a fixé deux dates déjà. Ce sont des gens avec qui j’échange beaucoup. Magyd par exemple va faire un titre sur mon nouveau disque… Ce sont des gens super !
Comme Claude Sicre ?
Gari : Ah Claude Sicre c’est pas pareil ! Claude Sicre, c’est les mêmes rapports qu’avec Tatou et Papet quasiment. Claude s’est beaucoup investi dans Oai Star. Il me coachait, pour m’aider, il m’a donné une chanson, on en a fait une ensemble… J’ai besoin de son regard, surtout que Lux n’est plus là. Lux
c’était un leader, mais il avait un avis artistique sur la chose qui
était d’une précision ! Il avait une culture musicale de 8 000
kilomètres : il voyait le truc, il sentait le public, les goûts du
public. Avec Lux, on était un binôme. Souvent dans les
binômes il y en a un qui est un peu plus artiste et l’autre qui a un peu
plus de recul. J’ai besoin de ça. Quand j’écris une chanson, j’ai
besoin d’avoir l’avis du Papet, de ma femme, et si je te voyais tous les jours de ton avis à « toi » !
A suivre





















































