23 mars 2012
[Chronique] "Dans la joie jusqu'au cou... tous les coups sont permis !" Marcel et son Orchestre (2012)
"Dans la joie jusqu'au cou... tous les coups sont permis !" : après 20 ans de carrière, les Marcel peuvent s'accorder sans retenue une dernière bataille festive... Si le spectre de la fin du monde plane sur nos pauvres têtes, Marcel et son Orchestre a d'ores et déjà choisi de presser le bouton stop au mois de décembre.

(pochette "Dans la joie jusqu'au cou... tous les coups sont permis ! -2012)
Souviens toi 2012. Un titre que La Ruda a glissé dans son ultime opus "Odéon 10/14" en guise d'adieu, et voilà que Marcel et son Orchestre prend la tangente... La fin d'année s'annonce bien triste : en un souffle, les Marcel et ex-Ruda Salska tireront leur révérence et cumuleront à eux-seuls un quart de siècle d'existence et plusieurs milliers de concerts. Une montagne dans le milieu alternatif qui laissera surtout un immense vide à combler.
S'il y a un temps pour tout (et celui des lamentations ne fait que commencer), les Marcel offrent-là leur dernier opus alors si, en France, un groupe disparaît toutes les 30 secondes accordons encore 5 minutes à Mouloud et sa bande de délurés. Arborant toujours leur fameux "Déconne, danse et dénonce !", c'est à se demander à quelle sauce l'auditeur va être mangé. Ultime parade ou album de trop pour les Ch'tis ? Grande question. La deuxième hypothèse est plausible tant les deux derniers albums ont créé la discorde auprès des fans. "E=CM2" (2006) était bien trop lisse et accessible pour rivaliser avec des "Sale Bâtard" ou "Un Pour Tous, Chacun Ma Gueule !" tandis que "Bon Chic Bon Genre" (2009) laissait finalement une appréciation très brouillonne de la chose...
Si les Marcel ont choisi cette fois de décliner leur album en deux faces, une de nouveaux titres ("Dans La Joie Jusqu'au Cou") et l'autre de reprises en version acoustique ("Tous Les Coups Sont Permis !"), attardons-nous sur les nouveautés tant, au grand dam, les 13 pistes acoustiques manquent cruellement d'accroche. Pourtant, tous les incontournables sont là...
Pour les amateurs des skits déjantés en tout genre qui fleurissaient les précédents albums, il faudra apprendre à vous en passer pour ce dernier baroud d'honneur : 14 titres, pas d'interlude, pour 42 petites minutes. A l'essentiel. Pourtant, sans crier gare, force est de constater que les Ch'tis réalisent un tour de passe-passe épatant. A la limite de l'OVNI musical dans sa discographie, Marcel se paye un dernier délire musical façon 'yeah-yeah'. L'ouverture L'amour dans le Nord sonne nettement rock'n'roll avec quelques piques aux Beatles et leur All You need is love. Les sixties en ligne de mire, Si ça Tombe renvoie la monnaie entre les choeurs, sifflements et "shalalala" : "si ça tombe, Radiohead c'est pas si pire, si ça se trouve, les Marcel sont pas tous pd, si ça tombe, Yannick Noah n'est pas sympa, si ça trouve, Joey Star pleure devant Bambi... mais seulement ça colle pas à l'idée que l'on a de ces gens-là !".
Efficace et sans retenue, Marcel fait définitivement un appel du pied à une époque révolue mais qui l'a certainement bercé dans son plus jeune âge avec Les Frites, sacré clin d'oeil à Johnny Hallyday où ses coups sont transformés en "les frites, quand c'est mal fait oh oui, ça fait mal, les frites !". En préservant son état d'esprit funky, Marcel en appellerait presque au boogie boogie sur Normal Man avant que le punk n'embrase la galette : Les Singes de Jacques Brel est repris tel que les riffs des guitares s'accaparent du morceau. L'intensité montant d'un cran par les profils punk des morceaux, l'album s'accélère brutalement : Je Veux M'amuser Avec Toi, punky et hurlant, laisse deviner un Mouloud qui se prend bien au jeu... Rock un jour, rock toujours pourraient-ils dire, A Qui Cela Profite ? et ses "ouh ouh" reprend tous les stéréotypes vocaux des 60's sur fond de "aujourd'hui c'est chacun ma gueule et tous pourris !".
Si le tournant musical des Marcel est bien consommé et clairement assumé, il est toutefois dommage qu'il pêche encore dans certains excès qui ternissent le line-up du skeud faute de divergences sonores : Je Sais Pas Faire Autrement sonne comme réchauffé à la limite du punk rock, Si Jamais T'avoues semble être une parodie de Volo ou des Wriggles à travers des pirouettes acoustiques... Enfin certains verront des oreilles se dresser quant à l'écoute de Cerf-Volant, proche d'un son pop rock qui repose essentiellement sur la mélodie, certes efficace, du morceau. Des mentions spéciales peuvent être accordées au track Le Chômage, plus que réussi et imagé, à travers une maladie presque incurable : "j'ai attrapé le chômage (...) Je vois bien que dorénavant on me regarde différemment, j'ai d'anciens collègues qui m'évitent (...). Le vaccin n'est pas pour demain, et c'est tant mieux, c'est bien plus sain ! Les actionnaires tirent les ficelles, c'est la sélection naturelle. Malgré cette maladie honteuse, j'essaie de garder le sourire. Au Pôle Emploi, une guérisseuse m'a dit "vous allez rebondir" !".
Enfin, comme si Marcel s'était décidé à renouer avec sa grande époque et qu'il pouvait encore produire un ska dévastateur et complètement déjanté, il réalise un ultime coup de grâce sur Trapèze Volant. Explosion de cuivres à la limite de la fanfare, refrains entêtants puis basse démoniaque où la compo cherche, malgré tout, à donner une leçon de trapèze... "Quand le trapèze revient, tu fais le cochon pendu et là t'attrapes les mains de Benoit... et voilà !". Mouloud, dépassé, "foutu pour foutu, s'est jeté et tout le monde chantait ces onomatopées : aga waga gouzou gouzou nawak (...)". Taillé pour la scène, sous des "consternations consternées", il s'est mis à rejeter "une choucroute garnie, un jambon braisé, une poule au pot (...) et du riz cantonné !".
Bien conscient que les Marcel n'ont pas délivré leur meilleur album, on ne peut que saluer leur ultime pari avant de quitter la scène. A l'origine d'un ska déjanté qui s'est épuisé au fil des années, Marcel s'est offert le luxe de se faire plaisir en célébrant, à sa façon, le rock'n'roll et l'époque des sixties. S'ils ne révolutionnent en rien le genre, ils dévoilent un dernier côté crooner peu habituel mais séduisant. Dommage que de vieux démons hantent toujours certaines pistes de l'album et entravent leur humour potache... Aucun doute cependant que cet album est bien celui de la rupture : ce sera quitte ou double pour les neurones à crêtes. Et avec une certaine nostalgie, ils seront là pour rappeler que la fin est au bout du chemin.
(Marcel et son Orchestre - photo prise sur site Le Printemps Culturel)
LE CD DANS LE DETAIL
L'album :
1) L'amour dans le Nord
2) Je sais pas faire autrement
3) Cerf volant
4) Le chômage
5) Si ça tombe
6) Le slow
7) Je veux m'amuser avec toi
8) Les frites
9) Normal man
10) Les singes (reprise, Jacques Brel)
11) Une journée à la mer
12) A qui cela profite ?
13) Si jamais t'avoues
14) Trapèze volant
Durée : 42 minutes
Album : 7e (double album)
Sortie : Janvier 2012
Genres : Rock / Festif
Article également disponible sur : www.discordance.fr
L'album s'écoute aussi sur : Catégorie 'Marcel et son Orchestre' sur Le Musicodrome
NOTE : 14/20
29 février 2012
[Album de la Semaine] "Dans La Joie Jusqu'au Cou... Tous Les Coups Sont Permis !" Marcel et son Orchestre (2012)
La Sélection du Musicodrome :
Place cette semaine au dernier double album des Marcel et son Orchestre sorti le 30 janvier 2012... Annoncé comme l'ultime opus après la séparation du groupe à la fin de l'année, cette galette risque d'en étonner plus d'uns ! En tout cas, le cd n°1 est 100% nouveau tandis que le second est constitué de reprises...mais en acoustique ! Sympatoch, bien frais, la chronique arrive la semaine prochaine.
Groupe : Marcel et son Orchestre
Album : Dans la joie jusqu'au cou... tous les coups sont permis !
Cd n°1 : Dans la joie jusqu'au cou (de 1 à 14) -électrique-
Cd n°2 : Tous les coups sont permis ! (de 15 à 27)-reprise en acoustique
Durée : 1h30
Genres : Rock / Festif
Discographie : - Dans la joie jusqu'au cou... tous les coups sont permis (2012) -7e album-
- BCBG (2009) -6e album-
- E=CM2 (2007) -5e album-
- Un pour tous, chacun ma gueule ! (2003) -4e album-
- Si tu veux, y'en re n'a ! (2001) -3e album-
- Crâne pas, t'es chauve ! (1998) -2e album-
- Sâle bâtard ! (1996) -1er album-
LE CD EN LIBRE ECOUTE
10 janvier 2012
[News] Marcel et son Orchestre sort un nouvel album et se sépare
L'annonce a fait l'effet d'une bombe : à la fin du mois, Marcel et son Orchestre va sortir le 7e album de son existence mais compte stopper son aventure en 2012.

(pochette album "Dans la joie jusqu'au cou..." -30 Janvier 2012-)
Après plus de 25 ans de bons et loyaux services, le doux monde des Marcel et son Orchestre va s'arrêter. Décidément, le dernier trimestre 2011 aura été le théâtre des mauvaises nouvelles avec les arrêts signés de Stupeflip, La Ruda et maintenant, Marcel et son Orchestre. Pire, ce sont les deux véritables piliers français du ska hexagonal qui vont laisser orphelines les salles de concert du pays. Prévisible me direz-vous, La Ruda et Marcel ont du cumuler à eux seuls plus de 3000 concerts pour une existence supérieure à 20 ans pour chacun.
Des petites salles locales aux grandes scènes de festivals internationaux (Vieilles Charrues, Eurockéennes, Printemps de Bourges, Sziget, Fête de l'Huma...), Marcel pourra toujours se vanter d'avoir forgé leur réputation grâce à leur show intense et complètement déluré.
Après La Ruda, c'est donc une nouvelle page de notre jeunesse qui va se tourner. Marcel et son Orchestre, c'était un peu le rescapé de cette bonne vieille scène punk alternative des années 80 : un rock'n'roll qui dérouillait dans un putain d'esprit festif que les boulonnais s'étaient réappropriés, à leur sauce, entre rock, cuivres, et le tout, carnavalesque à souhait.
Actif, militant et engagé notamment durant les élections législatives de 2007 dans la 3e circonscription du Nord avec l'étiquette "gauche antilibérale", Marcel n'a jamais dérogé à sa célèbre règle : "déconne, danse et dénonce !".
Si la fin d'aventure est prévue pour le terme de l'année 2012, les Marcel ont tenu à offrir aux fans un dernier round musical : pour teinter cette tournée d'adieu qui sévira en 2012, un double album intitulé "Dans La Joie Jusqu'au Cou..." va sortir prochainement. Précisément, la galette est annoncée pour le 30 Janvier prochain. Pas d'extrait malgré le fait que la sortie soit imminente, mais un bon teaser pour anticiper la température... Souvenirs !
Allez, pour ceux qui croisent les doigts que Marcel passera près de chez vous, les premières dates de la tournée 2012.
TOURNEE D'ADIEU 2012
- 6 Mars : à Nancy (54) - Le Crous
- 9 Mars : à Nevers (58) - Le Café Charbon
- 10 Mars : à Aubigny sur Nère (18) - La Forge
- 29 Mars : à Lyon (69) - Le Ninkasi Kao
- 30 Mars : à Riom (63) - La Puce à l'Oreille
- 3 Avril : à Paris (75) - La Maroquinerie
- 5 Avril : à Armentières (59) - Espace Culturel Le Vivat
- 6 Avril : à Vaureal (95) - Le Forum
- 7 Avril : à Divion (62) - Festival Les Enchanteurs
- 14 Avril : à Rouen (76) - Le 106
- 27 Avril : à Langres (52) - Festival Le Printemps du Chien
- 28 Avril : à Lessines (BE) - Roots & Roses Festival
- 29 Avril : au Val d'Ajol (88) - Chez Narcisses
- 4 Mai : à Demigny (71) - Festival Demigny on The Rock
- 5 Mai : à Brasparts (29) - Ferme de Gwernadour
- 10 Mai : à Tarbes (62) - Centre Culturel de Gespe
- 11 Mai : à Carcassonne (11) - Chapeau Rouge
- 12 Mai : à Montpellier (34) - Rockstore
- 23 Juin : à Dax (40) - Festival Satiradax
- 6 Juillet : à Amboise (37) - Festival Les Courants
- 7 Juillet : à Saint Prouant (85) - Festival Les Feux de l'Eté
- 13 Juillet : à Saint Amand Les Eaux (59) - Plein Air
- 14 Juillet : à Dour (BE) - Festival de Dour
- 20 Juillet : à Port d'Envaux (17) - Festival Les Fous Cavés
- 28 Juillet : à Etapes (62) - Festival Rock en Stock
Retrouvez toutes les dates sur le site internet des Marcel :
= http://www.marceletsonorchestre.com/
12 octobre 2011
[Brève] Nouvel album à l'automne pour Marcel et Son Orchestre et tournée !

Cela faisait un sacré bout de temps que nous n'avions plus de nouvelles des déjantés Marcel et son Orchestre. Comme vous pouvez le remarquer, Le Musicodrome se met à partir de maintenant aux brèves. Inutile de déblatérer sur un article qui n'a, pour le moment, pas plus d'informations.
Ce que l'on peut vous dire c'est que Marcel et Son Orchestre, plus de 3 ans après "BCBG" va sortir son nouvel album ! Une sacré surprise pour un groupe que l'on pensait sur le point de raccrocher les concerts. On ne peut pas vous en dire plus pour l'instant, ce que l'on sait c'est que l'album va sortir cet automne et que la tournée reprend dès le mois de Novembre. Une bonne news, nous tâcherons d'en savoir un peu plus dans les jours à venir. En tout cas les Marcel ont lancé un appel aux fans : vous envoyez votre tête de déluré et vous pouvez être sélectionné pour figurer sur la pochette de l'album... Direction le site internet des Marcel si vous êtes intéressés !
18 juin 2011
[Reportage] "Bonne Fête Maman" Marcel et Son Orchestre [23 min]
Reportage "Bonne Fête Maman" des Marcel et son Orchestre. Il vaut le détour ! (sortie Mai 2011)
02 mars 2011
[Clip] "Nous n'avons plus les moyens" Marcel et son Orchestre
Ah nos amis Marcel ! Un peu en mode off en ce moment, voici en tout cas le premier clip de "Bon Chic, Bon Genre" sorti en 2009, "Nous n'avons plus les moyens". Pas forcément le meilleur, mais toujours aussi déjantés !
24 novembre 2009
[Inédit] "Qu'est ce qu'il a de plus que moi" (acoustique) Marcel et Son Orchestre
Filmé en amateur par un membre de l'équipe dans leur studio, double curiosité : de les voir sans leurs costumes, et bien entendu, le morceau en acoustique...
13 août 2009
[Chronique] "Bon Chic... Bon Genre !" Marcel et Son Orchestre (2009)
Retour sur le devant de la scène pour les déjantés du Marcel et Son Orchestre en avril dernier avec leur nouvel album intitulé "Bon Chic… Bon Genre !". Après que beaucoup aient considéré la galette précédente "E=CM2" comme un flop, c’était forcément avec une certaine appréhension que l’on attendait le 6e album du groupe. Alors les Marcel, BCBG ?

Un peu plus de 2 ans et demi entre le 6e et 7e album, ce fut le temps que Marcel s’accorda pour remettre les couverts. Toujours aussi décalés, nos Marcel viennent encore enfiler leurs habits de fêtes, déguisés en femme, et ont décidé de nous montrer la vie sous un autre œil. La pochette de l’album a d’ailleurs été réalisée par Charb, dessinateur et désormais directeur de publication au Charlie Hebdo. On reste dans l’esprit ! Plus nerveux, plus fougueux, voici comment Marcel et Son Orchestre revient en 2009.
"Bon Chic Bon Genre" est indéniablement meilleur que "E=CM2", aucun doute là-dessus. Cependant quelques petits détails viennent gâcher la copie, comme si les imperfections du précédent étaient encore présentes. Pour vous expliquer ce long album des Marcel, 55 minutes pour 18 morceaux (enfin long, on est tellement habitués désormais à avoir des albums de 35-40 minutes, que l’on est surpris !), que nous allons procéder par portraits. Car à vrai dire, cet album est truffé de clichés et de symboles.
Portrait n°1 : Mars Attack
Ah Mars Attack, film mythique me direz-vous, ô que oui ! Marcel lance comme il se doit cette nouvelle galette avec le premier rouleau compresseur vivant (oui oui !), le Marcel Attack ! Véritable chasse aux cons « la connerie est bien répartie, aucune place, pas un pays n’échappe à son lot d’abrutis ». Avec des sonorités tirées de Mars Attack, Marcel débarque de sa planète pour nous proposer leur son "furieux-démoniak-aphrodisiak ", avec un rock aiguisé tout droit sorti des tendances de l’album E=CM2. Grand retour des saxos sur le refrain qui nous lance un signal : cet album sera festif… mais toujours aussi rock.
Portrait n°2 : Une seule solution ? L’occupation !
L’ovni Marcel se transforme brutalement en bal musette ! Accordéon, effet des voix comme si l’album était enregistré dans les années 50, pour le morceau Nous n‘avons plus les moyens. Déconne et dénonce « qu’Est-ce qu’on attend pour effacer des mots comme Solidarité ? Prônons un seul mot, OCCUPATION ! » Une intro digne des radios pétainistes de l’époque « un rire bon, un rire frais, un rire français ! »
Portrait n°3 : Le SDF et le froid
Place à la chanson française désormais, agrémentée de quelques cuivres en hommage à un SDF, Tuma, décédé à Lille durant le dernier grand froid hivernal. Séquence émotion après la phase « délirium » des deux premiers morceaux. Pas de doute, le vaisseau Marcel est bien redescendu sur Terre.
Portrait n°4 : Je suis décomplexé !
Le ska tant espéré à la sauce Marcel arrive enfin sur cette quatrième compo. Jeux de basse, saxos entrainants, « je suis décomplexé ! » est tout à fait ce que l’on attendait des Marcel pour leur grand retour en 2009. Ce morceau, Décomplexé, porte bien son nom !
Portrait n°5 : L’ado de base
Marcel retombe un peu dans les travers remarqués dans l’opus précédent. Sur Elle veut plus me donner la main, le groupe s’hasarde dans un rock passe partout à la limite du punk/rock, avec des paroles futiles concernant les relations amoureuses d’adolescents… Mais force est de constater que Marcel en est conscient vu les références citées dans le morceau, avec Harry Potter en tête. Il faut dire que Marcel a toujours aimé se moquer des ados boutonneux soit dit en passant !
L’art du décalage, Leçon 1/3
Pigeons/Vaches est le premier interlude de 20 secondes de l’album, Marcel n’a cependant pas perdu son imagination pour trouver des conneries. Sur un air d’accordéon, on ressort scié du peu de paroles « lorsqu’on voit ce que font les pigeons sur les statues, il faut remercier Dieu… de ne pas avoir donné d’ailes aux vaches ! ».
Portrait n°6 : Claude François, la dernière étincelle
Marcel veut explorer tous les domaines, ne pas se prendre la tête, et surtout déconner. Cela se voit, La baignoire de Cloclo est en la référence ! Sur des airs à la Claude François, Marcel se lance dans une performance de 5 minutes disco qui élabore des morts stupides ! « En plus Johnny Halliday était une menace ! ». C’est vraiment con une mort domestique !
Portrait n°7 : Super Patron
Un ska timide fait son apparition sur Un jour viendra, mais toujours à prendre avec des pincettes, la batterie et les guitares sont encore dominantes. Ici Marcel s’attaque aux ambitions des hommes d’être sans cesse les meilleurs, et de s’obséder qu’à leur travail… Oui, « un jour viendra où plus personne ne rira ». Super Patron = Super Boulot = Super Héros.
L’art du décalage, Leçon 2/3
Restons Calmes est le deuxième interlude, un peu plus long que le premier. Délire punk/garage « non je ne suis même pas énervé », en déchargeant sa haine dans le micro !
Portrait n°8 : Quoi j’ai dit ?
C’est déjanté, c’est décalé « faudra m’expliquer, donnez moi la clé, le code est compliqué », Marcel essaie de trouver la bonne façon de parler, on est bien dans l’esprit "BCBG". Par exemple « Je voulais sortir de ma place de parking, mais un gars est stationné devant… Je klaxonne et il m’a balancé ça te dérange qu’un arabe a une belle caisse ? ». La conclusion « les gens sont susceptibles ! », une série d’exemples en tous genres.
Portrait n°9 : Quel malheur d’avoir un mari bricoleur
Pour ma part le meilleur morceau de l’album. Super Bricoleur c’est une basse, claviers, saxos, des rythmiques authentiques à la Marcel, un retour aux sources digne des succès d’antan. En plus qui ne s’est jamais reconnu en tant que super bricoleur… et observer, dépité, son travail qui ressemble à tout sauf ce qui était prévu ?
Portrait n°10 : Le révolutionnaire
Deux morceaux consécutifs plutôt ska, ça a le mérite d’être souligné ! « La révolution se fera sur l’édredon ! ». Marcel n’avait pas encore trop parlé d’adultères, « on ne fait pas ça sans entraînement ! ». Ne jamais déroger la règle d'or !
Portrait n°11 : Trop, c’est trop ?
Trop de trop est, sans faire un jeu de mots, le morceau de trop. On ne voit pas de réelle créativité ou originalité d’un point de vue musical. Deux-trois notes à la guitare viennent casser la routine « car trop c’est trop, y’en a trop, on voit que ça sonne faux !». Le groupe se moque des gens qui mettent le mot « trop » à toutes leur fin de phrases, comme « trop bon, trop cool, trop con, trop nul, trop chanmé… » la liste est longue. Dommage que la musique n’est pas été plus travaillée car sur le fond, ils ont raison !
Portrait n°12 : Halte à ceux qui suivent les films en deux parties !
Raconte la Suite 1 et 2 (morceau en deux parties, ironie quand tu nous tiens !) est à l’eau de rose, bruit de la mer, on imagine déjà une plage au sable blanc, avec une bonne vieille gratte. Une belle histoire, d’amour, allez « raconte la suite ! ». La dérision poussée dans ces derniers retranchements, la deuxième partie dévoile malheureusement que la jolie fille était un alien… et lui broya les testicules. Comme quoi il vaut mieux s’arrêter à la première partie…
L’art du décalage, Leçon 3/3
Comme les filles, troisième et dernier interlude de BCBG. A coup de buttoirs électroniques, « comme les filles, on est des langues de putes ! Comme les filles, on prend une bière… et on est défoncés ! ». C’est dit.
Portrait n°13 : Chérie, ce soir on… ?
On retrouve sur Elle n’est pas d’humeur ce côté disco que Marcel semble apprécier, mais on se délecte bien des excuses trouvées par votre femme pour ne pas faire de câlin ce soir… « par contre les filles sur le net elles sont d’humeur ». « Oui mais avec les rencontres sur le net, les virus je me méfis ! ». Pour finir, Marcel change le célèbre refrain de Matmatah pour un « si ta copine te contrarie, vient donc faire un tour à Orchy ! »
Portrait n°14 : Ce sera tout ? Hum non !
On adore, c’est entrainant, c’est frais, c’est sautillant « au marché, tu vas tout trouver, des chaussettes magnifiques, des bonbecs en sac d’une tonne… sauf si tu cherches l’amour ! ». On se laisse facilement embarquer par le discours utilisé, simpliste mais qui fait mouche, du Marcel. Un des meilleurs morceaux de l’album indéniablement.
Cet album, on l'aura tous constaté, est résolument moins ska que ceux des débuts du groupe. Si ce n'est pas une fin en soir, il est meilleur que "E=CM2" : plus long, plus abouti, plus soigné, plus varié aussi. Marcel et Son Orchestre est vraiment parti dans un délire musical en essayant diverses influences (rock, ska, reggae, disco, musette, acoustique…), voire même un peu trop, en abordant tous les thèmes qui lui passait par la tête. On est beaucoup plus dans l’esprit « danse/déconne/dénonce » que "E=CM2". De façon générale il manque toutefois un peu de panache à cet opus, trop linéaire. Moins punky et funky qu'aparavant, il manque ce petit "quelque chose" qui permettait à l'auditoire de prendre une claque positive dès la première écoute des nouvelles galettes.
Marcel et Son Orchestre, Bon Chic… Bon Genre ! (55 min), dans les bacs depuis avril 2009.
Tracklist : 1) Marcel attack ! // 2) Nous n’avons plus les moyens // 3) Tuma // 4) Décomplexé // 5) Elle veut plus m’donner la main // 6) Vaches / Pigeons // 7) La baignoire de Cloclo // 8) Un jour viendra // 9) Restons Calmes ! // 10) Susceptibles // 11) Raconte la suite // 12) Trop de trop // 13) Super Bricoleur // 14) Révolution // 15) Raconte la suite II // 16) Comme les filles // 17) Elle est pas d’humeur // 18) Au marché.
Pour en savoir plus…
- Site Officiel : www.marceletsonorchestre.com/
- Myspace : www.myspace.com/marceletsonorchestre
01 juillet 2009
[Album de la Semaine] "Bon Chic... Bon Genre !" Marcel et Son Orchestre (2009)
Groupe : Marcel et Son Orchestre
Album : Bon Chic... Bon Genre !
Sortie : Fin Avril 2009
Durée : 55 minutes
Discographie : 6e
Genre : Ska
Actif : Oui
L'ALBUM EN LIBRE ECOUTE
Découvrez Marcel et son orchestre!
30 juin 2009
[Portrait] Marcel et Son Orchestre
C'est la toute nouvelle catégorie du Musicodrome ! Envie d'avoir plus qu'une courte biographie, pas de problème. A l'occasion de leur nouvel album et d'un état d'esprit inchangé depuis plus de 20 ans de carrière, on a choisi de vous dresser un long portrait de Marcel et Son Orchestre, un des groupes les plus déjantés de la scène française.

Que celui qui n’a jamais entendu parler de Marcel et son Orchestre lève la main ! J’ai beau regarder, je ne vois aucun doigt pointé. Ouf, on est soulagé. Alors que Marcel approche bientôt ses 25 ans d’existence, ils méritaient bien un petit portrait…
Marcel et son Orchestre, c’est un peu la Tour Eiffel à Paris pour nos amis du nord. Marcel et son Orchestre c’est aussi les glaçons dans un bon pastis pour nos amis marseillais. Vous l’aurez compris, Marcel est une figure emblématique, que dis-je, un groupe symbolique du Nord Pas de Calais.
Un mélange « ska/punk/moules-frites » comme ils aiment si bien se qualifier.
Mais avant de parler plus précisément de leur musique, faisons un peu d’histoire, allons voir comment une bande de potes habillés en femmes ont-ils pu autant rassembler les foules et devenir un des groupes phares de la scène Française…
Les années 80... Quelques potes de toujours s’amusent à répéter dans leur garage pendant plusieurs années. Jusque là, rien d’extraordinaire. Mais vite les choses vont changer.
Tout commence en 1986, du côté de Boulogne sur Mer. Un soir banal. Quatre potes se réunissent et décident de montrer leurs talents à l’occasion d’un concert de soutien organisé par l’association Stop Racisme. Dans cet élan, ils choisissent un nom pour le groupe : Marcel et son Orchestre. Un nom complètement décalé, qui déjà, marque la volonté d’essayer de se démarquer du reste.
En 1988, nos joyeux lurons remettent les couverts mais en peaufinant encore plus leur style : apparaissent les célèbres déguisements kitchs en femme, maquillage et tallons à la clé. Décalage, dérision, provoc’… Marcel commence à marquer les esprits, dans un esprit très festif, à dominance résolument ska.
1989 marque le premier virage. Certes on ne peut pas encore parler véritablement de groupe (les membres sont très instables), mais l’envie de tenter l’expérience à fond est claire. Et pourquoi pas ? Marcel se fait remarquer au Printemps de Bourges, en arrivant en demi-finale des sélections régionales. Ils enchaineront par un concert à Lille et surtout par la toute première cassette Bel Air. Marcel perçoit de nouveaux horizons… Certes il n’est pas encore connu, mais une bonne réputation commence à se forger dans le nord de la France.
Le groupe passe officiellement à 9 membres, et décide de continuer l’aventure en tournée, ce qui l’amènera jusqu’en Belgique… Et comme le travail finit toujours par payer, nos Marcel sortent leur premier maxi, qui est un éponyme, en 1993.
Les expériences studio se multiplient, le groupe veut quand à lui se fixer et arrêter les tumultes : de sa création à cette date, le turn over a été conséquent puisque le chanteur a changé quasiment 7 fois, et désormais il faut clarifier les choses en vue d ‘un premier vrai album.
C’est en 1996 (10 ans après leurs débuts !) que voit le jour le premier album, intitulé Sale Bâtard. Il aura fallu 6 jours pour enregistrer et mixer cet opus. Une petite tournée en Bretagne embraye le pas… Marcel passe officiellement à 6 membres, et peut enregistrer leur deuxième maxi Disez Pas Sans L’Sachant, sorti en 1997.
La structure est telle qu’on la connait aujourd’hui : on retrouve Mouloud au chant, Bouli à la basse, Bisteck aux percussions et la batterie, Bindingue aux claviers, JB à la guitare, Tibal au saxo, Tof à la trompette ou au trombonne et enfin Brad qui est le manager des Marcel…
Sans être un succés commercial, nos hurluberlus acquissent une certaine notoriété qui va les pousser jusqu’aux scènes des Eurockéennes de Belfort, des Vieilles Charrues, de la Suisse, enchainant festivals sur festivals et partageant des concerts avec des grands comme La Ruda Salska…

Il est clair qu’un vent nouveau souffle sur le Nord Pas de Calais. Un nouveau tournant s’amorce en 1998. Le succès, l’enthousiasme provoqués poussent le groupe à enregistrer un nouvel album, qui marquera d’ailleurs sa consécration avec l’explosif Crâne Pas T’es Chauve… On y retrouve tous les titres mythiques comme Arrête ton Crincrin, Raoul et Alain, Comme un Balai ou Les Vaches, devenus cultes pour les fans. Après plus de 10 ans de bénévolat, les plus anciens du groupe rentrent enfin dans le statut d’intermittent.
La ligne de mire est toute tracée, les opus s’enchainent et c’est tout simplement une confirmation : une tournée monstre est engagée, les amenant jusqu’à Québec et dans toute l’Europe.
En 2001 sort le troisième album Si t’en veux, y’en re n’a qui s’inscrit en continuité avec le précédent. Les Marcel, toujours coiffés de perruques ringardes, vêtus de fripes délirantes, sont parfaitement fidèles à leur sens de l'autodérision. Le premier clip Tout le temps t’aimer toujours est même enregistré. Ici aussi des morceaux phares des Marcel sont présents comme Médiseuse, Ram dam réclame, Femme mûre, Sauvez moi, Ma sœur, 62 méfie te, Les neurones à crêtes…
Après tant de travail, les fans que nous sommes attendons avec impatience le premier live : chose espérée chose due. 2002 marque l’année du double live explosif Youpii, Groovii, Heavii, Crazii, Sexii Show, que je recommande vraiment à tous ceux qui voudraient s’initier à nos déjantés skateux.
Marcel ne chôme pas, en 2003 il sort un nouvel album baptisé Un pour tous... chacun ma gueule. C’est le premier véritable tournant musical : un nouvel opus toujours dans le même état d’esprit, mais un côté rock commence à prendre le dessus. Mais le produit final est toujours autant à la hauteur. Soleil dans les bouchons se montre hilarant et tellement vrai, Petite culotte en fera sourire certain, Proce’bal est un énorme jeux de mots, Fil à retordre se moque des ruptures, on en trouve pour tous les goûts, la liste serait trop longue ! Le festif se mêle à la politique avec le fameux Bad trip poker en faveur de Métaleurop et de ses ouvriers… Chose qui sera confirmée également en 2007 avec de nombreux concerts de soutien pour le Parti Communiste précédent les élections présidentielles.
L’esprit danse/déconne/dénonce s’avoue sans faille. Leur musique peut paraître assez punk à la première écoute mais on remarque rapidement que les cuivres sont toujours présents et redonnent à la chanson son caractère festif.
En 2005 un nouveau live Borne to be en live ! accompagné cette fois d’un DVD est sorti, immortalisant les moments forts de la tournée précédente.
La sortie en 2006 de E=CM2 marquera le premier flop du groupe. Le virage un peu trop rock amorcé aura eu du mal à séduire auprès des fans (voir chronique dans la rubrique Marcel !). Trois longues années de travail permettront aux Marcels de revenir en 2009 avec leur nouvelle galette complètement dans l'état d'esprit connu et si significatif au groupe. Comme quoi, il suffit de gueuler un bon coup pour que la machine reparte !

Mais on ne peut pas s’arrêter à un album moyen pour ne pas attribuer à Marcel et son Orchestre ce qui lui est du. Loin de là. Marcel c'est du délire, c'est ne pas se prendre au sérieux, c'est s'offrir un moment de joie pure. C’est un style qui est à l'image de leurs origines: un peu de tout. Pour les comparer à des groupes connus on pourrait les rapprocher de la Mano Negra (avec qui ils ont joué en 91), ou des Wampas (Rock alternatif). Les multiples révolutions internes de Marcel et son Orchestre ne l'ont jamais fait dévier de son objectif de départ : s'exprimer, dans une ambiance joyeuse et festive. Et surtout même avec un nom aussi handicapant, il semblerait que le but final de reconnaissance ait été atteint : jouer à l'Olympia avec un public, aussi déjanté que lui et afficher complet. L’apparence ne mène pas tout le temps la danse comme le chante si bien Marcel…
Chapeau messieurs, on sera là pour souffler votre quart de siècle d’existence.




















































