18 février 2012
[Séquence Vidéo] Dj Set, inédit, remix, Stupeflip bouge encore
Stupeflip c'est peut-être terminé pour 2012 (après cela reste assez flou !), mais on a toutefois des choses encore à partager. Sélection de 3 vidéos en ce samedi qui dévoilent un peu plus le doux monde du Stup'.
Remix "Sinode Pidouin" par King Ju (réalisation du clip : Hector l'Alligator)
Inédit "C'est un Tube" sorti sur l'édition limitée de "The Hypnoflip Invasion" (2011)
Dj Set : Quand King Ju s'ennuie, il fait des soirées avec ses potes en Dj Set (Juin 2010)
29 novembre 2011
[Brève] Stupeflip, c'est fini

(crédits photos : droits réservés)
Ca se sentait, c'est désormais une certitude : le dernier concert issu de la tournée de "The Hypnoflip Invasion" marque la fin du groupe. Enfin, le doute demeure. Le message est assez flou sur la page Facebook du groupe : "Fin de la tournée, fin de Stupeflip (en live)". La citation a de quoi laisser pantois, chacun peut se faire sa propre interprétation.
King Ju et le Crou remonteront-ils sur les planches ? Rien n'est écarté, il faudra simplement prendre son mal en patience et ne pas se montrer pressés. La fin définitive de Stupeflip ? Peu probable. Le groupe avait annoncé qu'il repartait en tournée pour un an, suite à la sortie de son dernier album. Et après ? "The Hypnoflip Invasion, c'est le dernier élément du tryptique" déclarait King-Ju sur le magazine Longueur d'Ondes au printemps dernier. La boucle est bouclée dirait-on. Rien n'empêche cependant de repartir sur un nouveau projet. Stupeflip va donc disparaître du paysage en 2012, c'est certain.
Cependant, la porte n'est pas scellée. Cadillac s'est déjà lancé dans un projet solo et King-Ju, récemment, a laissé entendre qu'il serait tenté par un long métrage. Les rumeurs iront bon train, à nous de faire le tri. La page est loin d'être tournée...
26 octobre 2011
[Brève] Edition limitée pour "The Hypnoflip Invasion" de Stupeflip
Pour le grand retour du Crou, "The Hypnoflip Invasion" a été un véritable carton. Pour dire, le troisième album sort en édition limitée en tirage unique.

Ceux qui n'ont pas acheté le troisième volet de l'ère du Stup' ont eu du nez : cette édition limitée comporte bien entendu le dernier opus de Stupeflip mais avec quelques bonus.
Premièrement, la tracklist du cd est alongée puisque deux inédits 2011 ainsi qu'un plus ancien sont ajoutés : "Psycho girl", "C'est un tube" et "Cold World".
Deuxièmement, et c'est là le gros cadeau, un dvd tout nouveau tout beau qui comprend un film de 50 minutes, un concert avec les meilleurs moments (40 minutes), un diaporama de 12 minutes et les clips des morceaux "Stupeflip" et "Je fume pu d'shit".
Ce joyeux digipack "THI" ne sera pas retiré après épuisement du stock. Les intéressés de ce digipack devra débourser 16.50€ et il s'achète sur le Stupermaché (www.stupeflip.com).
18 octobre 2011
[Session Live] Stupeflip au Nancy Jazz Pulsations (1h05)
Quel partage sur la page Facebook du Crou Stupeflip ! Vous avez raté le groupe sur la tournée en cours ? Aucun problème, le Crou a pensé à vous puisqu'il partage avec vous le concert intégral de leur passage au Nancy Jazz Pulsations le 11 Octobre 2011. Filmé par les caméras de Arte Live, vous allez en prendre plein la vue. Bon concert !
20 juillet 2011
Interview de King-Ju (Stupeflip) par Concertlive [6 min]
On est en plein dans l'actualité de Stupeflip en ce moment, il faut dire que le retour du Crou sera, de loin, un des évènements de la scène alternative française. Comme il est assez rare de retrouver un des membres du groupe devant les caméras, Concertlive nous offre six petites minutes d'interview de King-Ju, enregistré en Mai 2011. Il nous en dit un peu plus sur le Crou...tout en restant très évasif.
15 juillet 2011
Live Report de Stupeflip au Festival Bord de Cèze de Saint Ambroix (30)
Juste pour signaler qu'un live report de Stupeflip effectué par Le Musicodrome est disponible sur le site... Pour ceux qui auraient raté cet article, il est disponible comme d'habitude dans la rubrique "Live Reports".
Pour info, ce live report a été réalisé lors du Festival De Bord de Cèze à Saint Ambroix dans le Gard le 9 juillet 2011. Ce concert s'inscrit dans le cadre de la nouvelle tournée de Stupeflip qui s'est reformé cette année pour nous sortir un superbe "The Hypnoflip Invasion".
Ne soyez pas trop déçus concernant la galerie photos du festival : vous trouverez bien des clichés des Hurlements D'Léo, de Nasser ou encore des Wakkan Tribu mais pas de Stupeflip. Ces derniers nous ont refusé leurs publications.
Bonne lecture.
C'est par ici :
http://www.lemusicodrome.com/archives/2011/07/15/21583828.html#comments
07 juin 2011
Live "Gaëlle" Stupeflip
Les extraits live, de bonne qualité, de Stupeflip sont assez rares. Toujours à l'affut, on a guetté sur la toile pour finalement voir arriver "Gaëlle", morceau issu du dernier album enregistré lors du passage du Crou au Bataclan. C'est une compo de Pop Hip, pop sucrée donc, sur des airs disco/Daho au programme. On en profite, et on attend surtout la chronique du dvd du Stup' reçu la semaine dernière.
14 mai 2011
Chronique "The Hypnoflip Invasion" Stupeflip (2011)
Sorti le 28 février dernier, les déjantés de Stupeflip, pardon le Crou, revenait avec son troisième opus "The Hypnoflip Invasion". De quoi boucler la triptyque entamée il y a 8 ans.

4 ans passé sous silence, on se demandait si le Crou, après le bras de fer perdu face à BMG, s'en relèverait. Devenu le défouloir des médias, Stupeflip voyait subitement son élan stoppé net avec ses albums invendus ("Stupreligion") sous les bras. Mais au fond, la foi est restée intacte. Cette flamme, cette culture du "culte" a perduré. Il apparaît donc évident que c'est un groupe encore plus fort qui revient sur le devant de la scène en 2011.
Un doigt levé contre les majors : "le Stupeflip Crou ne mourra jamais"
"Plus fort" du moment où Stupeflip vient de crier un immense "merde !" aux yeux du monde : Stupeflip a sorti son album sans maison de disques. Le concept est une franche réussite : le groupe a demandé un acte de foi aux "adeptes" du groupe : donner 10€ chacun pour avancer les frais d'enregistrement... et sans avoir rien entendu d'un album qui ne sortirait que bien plus tard ! En échange, les souscripteurs ont 10€ de remise sur le pack (vendu 43€), comprenant une édition collector du Cd, un vinyle inédit (et non vendu séparément) et divers stickers, badges et affiches. Trois mois après sa sortie, son single "Stupeflip, vite !!!" a été propulsé en Single de la Semaine sur iTunes ! Il fallait le faire sans avoir l'appui d'une campagne promo de dingue derrière son cul.
Pour revenir à la musique, "The Hypnoflip Invasion" a été mixé au célèbre studio Ferber qui a vu passer des Manu Chao, Noir Désir, Claude Nougaro ou encore Alain Bashung. Précision nécessaire car d'après King-Ju, c'est le premier véritable album du Crou a être mixé (source : Discordance, 2011).
Et cela s'entend ! L'album est de loin le cd le plus soigné du Crou. L'ensemble est équilibré, cohérent, beaucoup moins à l'arrache que dans les skeuds différents. Stupeflip avec un son propre ? Ah. Étonnant. Peut-être le signe d'une certaine envie de se calmer, de grandir aussi. Même si le groupe continue à partir en "elliuoc".
Stupzik et addiction : la troisième ère du Stup
Entre hip hop, rock et punk, Stupeflip a désormais franchi un pas : les guitares saturées aux rythmes délurés ne sont plus qu'un vieux souvenir... C'est d'ailleurs très surprenant à la première écoute. Les samples ont envahi le son, les dominances sont à la fois très variées. Majoritairement hip hop, l'esprit punk n'est pas non plus refoulé. Les ambiances "pop" ou "années 80's" avec Pop Hip conservent bien entendu leurs places, l'album se veut aussi moins "noir". Plus positif, moins casse gueule, les capacités d'addiction des beats sont implacables. La "stupzik" du Crou prend ici tout son sens !
Le concept de ce "The Hypnoflip Invasion" est calqué comme une oeuvre cinématographique (idem sur les deux albums précédents) avec une introduction, des sons et un générique de fin. A propos des textes, Stupeflip ne s'est jamais vanté de trop se pencher sur ses textes, pourtant, beaucoup de compos sont hilarantes : "Gem lé Moch" avec ses "J'aime les moches : les vieilles, sous les yeux qui ont des poches ; les grosses, avec de la brioche ; les thons, avec des poils sous les guibolles ; les monstres qui n'ont pas besoin d'anti-vols" ou "Ce petit blouson en daim" très rétro "j'ai vu dans ce magasin ce petit blouson en daim, ah ouais c'est sûr, il m'ira bien ! [...] J'ai vu dans ce magasin cette fille aux jolis seins, j'irais l'essayer demain, c'est sûr, elle m'ira bien !".
Même si le Crou a réussi sa chasse à l'homme en tuant Pop Hip, il aura eu le temps de nous proposer ses dernières créations : "Gaëlle", so kitch, non sans rappeler un certain Etienne Daho (!), ou un "Le coeur qui cogne" plutôt orienté Mylène Farmer mixé pop/disco.
Entremêlés à cette pop sucrée, on rentre dans le dur : plusieurs brûlots propres à l'univers monté de toutes pièces par le Crou sont bien sûr présents. "Stupeflip, vite !!!" à gros coups de buttoirs te fracassent le cerveau avec ses beats dévastateurs et une instru de malade sur des répliques "Utopistes debout ! J'ai des lyrics en stock et que plus personne ne comprend, je m'exile à Pétaouchnock..." ou "Cadillac, en peer to peer, revient te chier dans le crâne, faire un petit tas, [...], tu préfères te cacher, faire le steack haché, sous vide, t'as du mal à respirer ! Tu crois gérer mais t'es mal digéré !"
"Check da Krou", façon "oldschool", est dans un flow tout droit tiré de l'époque d'IAM de "Ombres est Lumière" de 1993, tout en s'apparentant comme la compo la plus "rock" de la galette. Approche décapante "Aujourd'hui, c'est comme d'habitude je n'ai rien à dire, je n'ai rien à faire, j'attends que s'écoulent les jours, que s'écoule le temps jusqu'au cimetière ! [...] Crou cracra, le crou qui creuse comme une pelleteuse, fais des trous dans le crâne et les oreilles comme une agrafeuse !".
"Hater's Killah" s'inscrit dans la même lignée de sons sur le bienfait du Stup : "Crou, truc crade cru qui fout une trempe, accro du micro mon style en crrr fout des crampes, ce truc j'le crie comme une truie qu'on peut rien, mes textes pourris pour faire triper les gamins. Ma force était la farce, mais gaffe si ça corse, j'suis fort comme un arbre et la zik est mon écorce !". King-Ju, celui qui crie fort, en état de grâce.
Le côté sectaire et volontaire autour du Crou prend du relief sur "Sinode Pibouin", conclave para-religieux pour appeler tous les fidèles au grand retour de la religion du Stup. Rancoeur, règne sans partage, vanité... l'appel est lancé : "Réunion de fidèles pour créer l'étincelle. Saluons nos confrères, commençons la prière". Au-delà de ces aspects de déviances, il y a toujours un message profond "ils disent qu'ils redistribueront, c'est ce qu'ils veulent te faire croire, mais tu n'auras accès ni au soin ni au savoir. ils te reprocheront tes faiblesses, l'oisiveté : ils te feront payer s'ils te surprennent à méditer. NOUS LES HAISSONS. Mais nous resterons de marbre, nous les annihelerons par une seconde danse macabre, nous serons tous prêts quand raisonneront les cymbales, le Sinode Pibouin scellera leur pierre tombale".
"Apocalypse 894", ne fait qu'apporter son grain de sel dans la machine pour prolonger l'hypnose : "Ma technique te snaque, mon meilleur pote c'est mon mac mec, j'aime mon hamac mais ma technique te nique, je suis trop esthétique quand j'ai bu deux gins tonic. Que le grand cric me croque, blablabla, fuck le rock et le baroque, dans peu de temps je serais la coqueluche... Ma stupzik fout des hématomes, y'a pas de mal vu l'état de la zik dans l'Hexagone !".
Enfin, comme un appel à une enfance perdue, "Le Spleen des Petits" et "La Menuiserie" renvoient aussi à des valeurs un peu oubliées : une époque douloureuse, où la souffrance débute et y prend sa source... A noter que l'on retrouve de nombreux fils directeurs entre les albums, par exemple "Le Spleen des Petits" s'avère être la suite de "Les Monstres", morceau du premier skeud "Stupeflip" (2003). Constat identique sur "Région Est", titre de 11 minutes qui clôture l'album mais qui symbolise surtout l'annexion de la Région Est à la Stupreligion. La région Est est donc tombée, 6 ans après la région Nord et Ouest, 8 ans après celle du Sud. Sachant que toutes les régions sont annexées, les trois ères du Stup sont donc terminées. Il y aura-t-il une nouvelle ère ? Éternelle question.
"Mon sourire te glace comme un clic clac qui grince, le voilà qui revient, mince, tous les mardis pour te serrer la pince, donne moi le courage d'aller bouffer tous les nuages, écoute mon coeur, écoute la rage, écoute ce texte anthropophage ! Écoute ce mec qui vote réac', écoute cette mère seule qui craque, écoute le cri des animaux quand on les enfouie dans un sac !" ("Stupeflip, vite !!!).
Stupeflip, vite ! Le verdict
Dans un premier temps, il est clair que le Crou s'est calmé dans sa musique, dans son délire et dans ses textes. Après il apparaît indéniable que musicalement parlant, le groupe nous propose son meilleur opus. L'effet addictif est impressionnant, le riddim et les beats sont dévastateurs, le flow varié et surtout un rendu à la fois novateur et old school. L'équilibre parfait, le Crou l'a trouvé. Truffé de surprises, de conneries, les textes sont excellents. Pop Hip a gardé sa place sur l'album et peut proposer, contre la volonté du Crou, ses morceaux stupides mais qui font incontestablement partis du groupe. Stupeflip sans Pop Hip ne serait pas Stupeflip. Même constat pour les nombreux "skip" qui cassent un peu malheureusement l'intensité de l'album, mais une fois encore, si le Crou veut continuer à alimenter son univers, ces interludes sont des plus nécessaires. Leur efficacité est sans détour puisque l'immersion est totale !
L'âme du Crou est plus que présente sur cet album, la troisième ère du Stup est une des plus marquante : les fidèles sont appelés à se rendre au monastère, pour les autres, le temps de la conversion est venu.
Croyais-tu vraiment que la religion du Stup pouvait s'éteindre ?
LE CD DANS LE DETAIL
L'album :
1) Invasion (intro)
2) Stupeflip, vite !!!
3) La menuiserie
4) Gaëlle
5) Check da krou
6) Le spleen des petits
7) Dangereux (skip I)
8) Hater's killah
9) Strange pain (skip II)
10) Gem lé moch'
11) Sinode Pibouin
12) 72.8 mhz (skip III)
13) Ce petit blousain en daim
14) Dark warriors
15) Lettre à Mylène
16) Ancienne prophétie (skip IV)
17) Apocalypse 894
18) La mort à Pop Hip
19) Le coeur qui cogne
20) Keep the faith
21) Région Est
Durée : 66 minutes
Album : 3e
Sortie : 28 Février 2011
Genres : Hip Hop / Punk
Label : L'Autre Distribution
NOTE : 18/20
05 avril 2011
Clip "Stupeflip, vite !!!" Stupeflip
15 mars 2011
Interview de Stupeflip (par Longueur d'Ondes)
Après 4 ans de silence le Crou Stupeflip réapparaît plus flippant que jamais. "The Hypnoflip Invasion" (produit en totale indépendance et avec le soutien financier des fans hardcore) pousse le délire jusqu'à l'extrême. Personne ne sort indemne de ce mélange de rap west coast et de pop électro, pas même les membres du groupe. Visite à La Menuiserie, en plein milieu d'une séance de fabrique de sons.

Pourquoi publier "The Hypnoflip Invasion" maintenant ?
King Ju : Il fallait le faire, c'était évident. J'aime les triptyques. D'ailleurs, au début, on était trois avec Steph (Cadillac) et Popol (MC Salo). J'ai ensuite voulu casser ça. J'ai conçu ce disque pendant 4 ans. Il fallait que je le boucle. Après c'est fini.
Vous nous faites le coup du "dernier album" ?
King Ju : Non, je n'en sais rien. On termine une trilogie. Les choses peuvent évoluer après. Stupeflip, c'est comme Rambo : s'il y en a trop, on va tous se lasser. D'ailleurs Rambo III, c'est un des plus nuls, non ? Mauvais exemple... Mais "Stup Religion", c'était un peu le Rambo II de Stupeflip !
Vous partez dans une longue tournée. Vous avez dit dans le passé que les concerts vous intéressaient moins que le studio. Est ce toujours le cas aujourd'hui ?
King Ju : Ca n'a pas changé, mais ce coup-ci on va faire un bon truc. On travaille avec Cadillac pour que musicalement ce soit béton. Il va y avoir un Dj qui va scratcher et faire des breaks. Ca va tourner hip hop avec des sons inédits suivis par une série de Pop Hip-électropop. J'aimerais que ce soit génial tous les soirs.
Pourquoi Le Crou est-il autant resté dans les mémoires ?
King Ju : En 2003, j'avais l'obsession de pouvoir gueuler du rap en français. Et pour ça, il n'y avait qu'une seule solution : ar-ti-cu-ler. Cadillac et moi, on est les seuls en France à gueuler comme ça tout en étant compris. Ca marque. Et puis, j'ai tout fait pour qu'il reste en mémoire. Quand je compose, je me mets dans la peau d'un fan. Mais il faut relativiser, ce n'est pas Calozéro non plus.
Mais vous ne pouvez pas ignorer l'aspect "culte" du groupe. Vos répliques sont balancées dans les cours de lycée et dans les open space...
King Ju : Ca interpelle parce que Cadillac te rentre littéralement dans l'oreille. Stupeflip "sort" du disque, comme une BD pop-up. Notre musique est truffée de moments comme ça. En 2003, les mecs disaient que c'était punk, mais pou moi c'est juste vivant. Il y a parfois dans les paroles un fond de vécu, ça aussi ça parle.
Comment vous en servez-vous ?
King Ju : Je ne dis rien de manière littérale. Du coup, les fans cherchent ce que ça veut dire et se l'approprient. Steph et moi, on est quand même assez sensible. On fait beaucoup de choses qui nous ramènent à l'enfance, on ne peut pas tout expliquer. Avec Cadillac, on a des trucs pas résolus dans la tête...
Cadillac : J'écris très peu. King Ju choisit ce qui l'intéresse.
King Ju : Je pense que les gens sont trops durs en général. Je le leur dis avec mes chansons.
Ce disque a-t-il encore été conçu comme un film avec une intro et un générique de fin ?
King Ju : Oui, mais il y a beaucoup moins de concept que sur le précédent. Je trouve surtout qu'il y a quelque chose d'assez profond. Car Stupeflip, c'est tout sauf un truc rigolo. Il n'y a d'ailleurs aucun morceau drôle, mais ça se barre pas mal en "elliuoc" quand même. Tu peux y trouver les fils directeurs que tu veux. Tu y mets tes émotions à toi. Pour moi, la direction est avant tout musicale. J'utilise très peu de samples... du moins, pas à l'endroit.
Comment ça ?
King Ju : Je pisse des sons au kilomètre, j'en crée tous les jours, c'est mon truc. J'ai plus de mal avec les textes. En fait, je fais des paroles parce que les gens en veulent, mais moi je m'en fous un peu.
Cadillac : Mais tu ne t'en fous pas au point de dire n'importe quoi. Tu passes beaucoup de temps sur les lyrics.
King Ju : Les gens pensent que c'est facile, mais c'est du boulot. J'ai passé huit mois complets sur ce disque.
Où est passé MC Salo ?
King Ju : Il est là ! A la fin et aussi sur Chack da Crou, mais il utilise de nouveaux pseudos...
Il y a beaucoup de nouveaux featurings, comme ce sourd qui intervient à un moment, ou encore Sadomodo... Qui sont-ils ?
King Ju : Tu ne le sauras pas, il y en a des vrais et d'autres pas. Moi non plus je ne suis pas vrai.
Un morceau s'appelle "La mort à Pop Hip". Pop Hip dans le groupe, c'est celui qui compose tous les morceaux "pop sucrées", c'est votre part d'enfance que vous tuez ?
King Ju : C'est en fait un hommage au Silence des Agneaux. A un moment, Buffalo Bill, le type qui découpe les peaux de ses victimes écoute des musiques grand public, rassurantes, alors qu'il est dans un univers de folie mentale.
En vrai, à quoi sert Pop Hip ? Est ce le double du "maléfique" King Ju ?
King Ju : Il y a des gens qui se dont des compiles de morceaux de Stupeflip mais sans les Pop Hip. Ils n'ont rien compris. Il faut les laisser quand tu écoutes le disque, même si c'est dur. Ils apportent de la fraîcheur. Surtout que sur ce disque, ils sont très présents.
Comment définiriez vous ces morceaux-là ? De la parodie des 80's ?
King Ju : Oui mais non. Il y a des influences des 80's, mais surtout des 60's. C'est entre Jacno et La Chanson de Kiki. Ce n'est surtout pas de la parodie. Il y a toujours un décalage entre ces musiques électro et des paroles sombres ou consuméristes. Pop Hip, c'est assez pourri et assez raté, il faut le dire ! Le vrai truc 1980, il faut que ce soit classe. Et moi, je ne suis pas bon là-dedans. Sauf dans "Gaëlle" où le son n'est pas mauvais pour danser.
Par contre "Le coeur qui cogne" est pour le coup marqué 80's, et fais penser à ce groupe qui portait si bien son nom : Les Calamités...
King Ju : Oui c'est mauvais, mais nostalgique. J'espère quand même que ça va plaire aux gens !
Qui chante en duo avec Pop Hip sur ce titre ?
King Ju : C'est une voix de fille, tu n'en sauras pas plus. Si je te le dis tu vas rigoler...
Le "Stupermarché", qu'est ce que c'est que ce truc ? Comment le groupe a autofinancé l'enregistrement de The Hypnoflip Invasion ? Et comment se passer des majors avec l'aide des fans ? Tout est parti d'un coup de gueule, comme d'habitude...
Michel Plassier (Producteur manager et membre caché du Crou) : J'ai eu marre de voir les disques de Stupeflip à 50€ au marché noir alors qu'ils n'étaient plus disponibles en magasins. Rappelons le contexte : après sa rupture avec BMG, le groupe avait tous ses disques sous le bras, mais pas un sou. L'idée de monter le "Stupermarché", une boutique en ligne entièrement consacrée à Stupeflip a réellement décollé il y a deux ans, pour la sortie du DVD. Et nous avons vendu presque 900 packs DVD à 45€, largement de quoi rentrer dans nos frais car nous faisons tout nous-mêmes. Et nous faisons attention à ce que tout le monde soit content. Notre but n'est pas de gagner de l'argent, c'est de pouvoir continuer à faire de la musique. Au moment de la préparation de The Hypnoflip Invasion, il était évident de procéder de la même manière, à une différence près. On a demandé un acte de foi aux "adeptes" du groupe : donner 10€ chacun pour avancer les frais d'enregistrement... et sans avoir rien entendu d'un album qui ne sortirait que bien plus tard ! En échange, les souscripteurs ont 10€ de remise sur le pack (vendu 43€), comprenant une édition collector du Cd, un vinyle inédit (et non vendu séparément) et divers stickers, badges et affiches.
King Ju : Eh oui, on vend des stickers comme dans les 80's, mais ça, tu ne peux pas le télécharger, lapin !
Michel : La prévente nous a permis de faire de la production avec l'assurance d'avoir une fanbase. De plus, le pack Hypnoflip Invasion est arrivé trois semaines avant la mise en bac du disque dans les boutiques.
Cadillac : Il est plus intelligent de faire payer les gens qui veulent vraiment avoir notre musique avant tout le monde car après, le disque sera disponible partout et souvent en téléchargement illégal.
Interview disponible dans la revue trimestrielle Longueur d'Ondes (Février/Mars/Avril 2011), n°58.
Par Eric Nahon (texte) et Roch Armando (photos)




















































